Mon Carnet De Bord…Acte 17.

Avoir des mots pour le dire…

je savais déjà à sept ans que j’écrirais.

 

Une petite ville marchande au bord de l’eau, des couleurs, des lumières, des odeurs, la mémoire d’autres temps.

Un tressage de genres, de naissances, de mariages et…d’enterrements.

D’un côté le confort bourgeois des blancs qui arborent leur rang avec élégance,

de l’autre, les gens colorés avec un sens inné de leur place dans cette société.

Des commerces, des habitations…

de quoi opposer les âmes fortes d’un côté et les faibles de l’autre.

L’équilibre parfait entre acidité et amertume.

Sans forcer le trait, et en laissant la place à l’imaginaire de chacun, j’essaie de respecter au mieux les nuances pour rendre palpable un malaise.

Je déplace les lignes, j’alterne les espaces pour mieux faire ressortir le pittoresque de mes écrits.

Une journée comme une autre, pour ceux qui travaillent dur,

une journée interminable qui en précède encore combien d’autres…

De vieux immeubles, typiques par leurs couleurs fanées, leur hauteur sous plafond, leurs moulures et boiseries.

J’aime leurs défauts, ils ont des cicatrices comme ces gens.

Je marche le long de la plage,

croise un homme noir, il regarde de chaque côté, personne…

confiant,  d’un geste que moi seule peux voir,

il descend la fermeture éclair de sa braguette,

je détourne le regard et ne lui montre pas ma peur,

plus loin une femme édentée, sans âge, les cheveux hirsutes, recouverte d’un plaid crasseux parle toute seule, agressive elle se met à hurler,

contre l’invisible.

Dans la rue des femmes métissées, aussi pleines qu’un œuf, trient et ramassent les poubelles tandis que les hommes, secs, la peau sur les os, piétinent en plein soleil pour surveiller les véhicules garés pour gagner un sou.

Je marche d’un pas décidé,

un homme blanc et jeune fait son footing en poussant la poussette de ses jumeaux,

un autre, quinquagénaire élégant, jette une balle à son chien.

Du même chapeau, vous l’aurez compris… sortent deux lapins différents.

bienvenue à Fishhoek.

 

 

 

42 Commentaires
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42 Commentaires

  1. Anne says:

    Une manière originale de nous mener vers ce nouveau lieu. La dernière phrase « du même chapeau sortent deux lapins différents » résume à la perfection ce que vous nous contez aujourd’hui.

  2. Armelle says:

    Encore un endroit très beau, je viens de regarder les images sur internet. J’ai l’impression que c’est un pays double. Misère / souffrance et splendeur / insouciance.
    Un jour Sabine, vous nous raconterez le meilleur plat que vous ayez goûté lors de ce séjour ?

    1. Sabine Thierry says:

      beaucoup de poissons frais, des fruits d’ici comme les mangues, les ananas et les bananes,
      du bon vin , des cafés lattés et la cerise sur le gâteau , un raw juice tous les matins.

  3. Pascale says:

    Deux mondes parallèles … les pauvres, les riches … on doit y vivre probablement de l’injustice … heureusement qu’il y a plusieurs vies pour, je l’espère, ceux qui souffrent dans celles-ci soient beaucoup plus heureux dans une autre … Vous écrivez bien, vous décrivez super bien l’ambiance … merci pour ce récit

  4. Chantal says:

    Bonjour
    Encore très bien écrit car j ai l impression de faire la balade avec vous mais on sent de grosses différences entre les gens et la proximité d agressions..je crois que vos pouvoirs vous sécurisent une fois de plus je n aurais pas votre sang froid…et votre courage..

    1. Sabine Thierry says:

      Il m’est arrivé la même chose sur la plage à Montalivet un dimanche matin avant mon départ,
      le type en question non seulement il a sorti son attirail mais en plus il se masturbait.

      1. Christelle77 says:

        J’allais dire que c’était normal de sortir son attirail à Montalivet puisqu’il y a des plages naturistes là-bas … mais je n’avais pas encore lu la fin de la phrase !!! lol

  5. christophe says:

    quel contraste!la clarté de la description et du ressentit est limpide.On y est..tout en regardant la neige tomber.Du chapeau sortent différents lapins..autour du cap.Mais ce n’est pas le cas malheureusement partout dans le pays,ou les lapins sont souvent tous noir ou tous blanc et la cohabitation pas si « facile ».
    Que pouvez nous nous dire là dessus grâce à vos divers échanges?

    1. Sabine Thierry says:

      Je n’ai pas compris votre question…
      Je n’échange que des banalités avec les gens d’ici,
      je me fie plus à mon ressenti, à mon intuition qu’aux mots des autres.

      1. christophe says:

        Quelle est la relation blancs/noirs dans les autres régions,dans les autres villes?C’était ma question.
        Est ce que vous ressentez que les noirs et les blancs veulent et arriveront à faire quelque chose de bien ensemble?du moins au cap?

        1. Sabine Thierry says:

          Le cap est un endroit privilégié malgré tout.
          Beaucoup de bobos plus respectueux,
          à priori contre l’apartheid quand apartheid il y avait.
          Il n’empêche que c’est toujours les mêmes qui font la sale besogne, les autres ici (les blancs ) ont peut-être quelques égards…
          un sourire pour eux de temps en temps.
          Je pense réellement qu’un jour ou l’autre la population défavorisée se rebellera et prendra le pouvoir.
          Ce qui est déjà le cas pour d’autres régions avec les fermes isolées des blancs régulièrement saccagées.
          Un volcan qu’on croit éteint mais qui se réveillera!

          1. christophe says:

            Au Cap mon ressentit à moi fut une vrai envie de s’en sortir de la part de la population noire,même à long terme.Un mélange de la jeunesse noire et blanche laisse un peu d’espoir.
            Profitez bien!

  6. Béa says:

    Dans un paysage aussi resplendissant que de contrastes de destins et, une question qui s’installe: pouquoi ?..
    Vous êtes courageuse de vous promener sur ces plages paradisiaques désertiques… j’ai retenu mon souffle lorsque vous nous décrivez cette scène et puis ouf ! … votre forte intuition… doit y être pour quelque chose. Prenez soin de vous quand même. Bonne fin de séjour Sabine.

      1. Laurence says:

        Violente la scène sur la plage…et tragique (dans Zulu). Ce qui m’a marqué c’est le côté chacun pour soi, les gens se débrouillent pour survivre coûte que coûte.
        L’Afrique de sud est un des pays les plus dangereux au monde, dixit une sud africaine…je le crois volontiers!

  7. Amelie says:

    vos récits prend aux  » tripes  » entre les blancs et les noirs , les riches et les pauvres .
    Vous êtes très courageuse d’affronter certaines choses au fils de vos journées .
    L’on ne peut pas rester insensible aux comportements et à la souffrance humaine , même si le lieu est paradisiaque pour certain.

  8. Lili says:

    Un bateau de pêche qui me rappelle l’été de mon enfance comme un rayon de soleil…
    Chez nous, la misère est plus ou moins cachée, les murs et les toits couvrent souvent la misère…là bas, le contraste doit être saisissant. Tout cela est triste de banalité…
    Carnet de voyages, on attend la suite et on voyage un peu avec vous 2…

  9. Vincent says:

    Quelle bipoloarité l’Afrique du Sud, j’imagine qu’on doit passer d’une émotion à une autre en si peu de temps. Cette impression de deux mondes parallèles l’un où on a tout et l’autre où l’on survit.
    J’ai hésité à postuler à Cape Town mais gràce à votre regard j’ai compris qu’il me faudrait quelque chose de plus doux, de plus méditerranéen…J’irai sûrement un jour pour connaître…Merci pour vos mots qui décrivent à la perfection ce pays.

  10. Christelle77 says:

    Un exhibitionniste, une folle, des riches, des pauvres, des gens qui travaillent dur, d’autres qui prennent du bon temps. Finalement, l’humanité est la même où que l’on soit et les inégalités aussi.
    Une belle ballade pour vous, et une toute aussi belle pour nous grâce à vos mots.

  11. Chantal says:

    Tous les jours c est mon petit moment recréation je regarde avec plaisir votre blog et je voyage ou je frissonne car vous n avez peur de rien ou du moins on ne s en rend pas compte et le soir je regarde de nouveau pour voir tous les commentaires et voir su les ressentis sont les mêmes que moi mais en tout cas ce sont toujours de tres bons moments

  12. Sabine Thierry says:

    Non je ne suis pas d’une nature peureuse, élevée avec des garçons à la campagne par une maman qui était tout sauf gnan gnan!
    ça aide!!!!
    Je suis sûre qu’avec moi vous n’auriez pas peur!

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