Mon Carnet De Bord…Acte 22.

Vous êtes vous déjà retrouvé  paniqué dans votre sommeil jusqu’à prier très fort pour sortir d’un mauvais rêve?

Et bien sachez que la lumière crue à laquelle je suis abonnée depuis mon arrivée n’a pas suffit ce matin pour me faire oublier une fin de nuit rocambolesque.

Alors que je vous écris, je me surprends, inquiète à regarder tout autour de moi…

En effet, une nuit à courir, à me cacher…

parce que revenue au temps du far west j’étais poursuivie par de sanguinaires indiens d’Amérique qui n’en voulaient qu’à mon scalp,

d’ailleurs si vous remontez le temps vous saurez que les premiers a avoir instauré cette pratique des plus barbares ont été, devinez quoi …ou qui, les français.

De gentils petits colons français à l’époque de la colonisation du canada.

Si on se donne les moyens  d’explorer le passé avec son lot de barbaries, l’histoire, la vraie, c’est un couteau qui nous ouvre les yeux.

Pardon pour cette parenthèse complètement personnelle mais il est bon parfois de pouvoir se confier…

Comme dirait ma chère maman, revenons à nos moutons.

Aujourd’hui, je suis revenue à Cap bonne espérance histoire de,

histoire d’aller à la recherche d’une épave.

Une épave, telle un fantôme dans un château d’Ecosse,

échouée sur le sable au milieu de nulle part.

Après deux heures de marche sur la sable fin et chaud,

comme des cailloux pour le petit poucet, les autorités du parc avaient semé des petites flèches afin de nous guider au mieux.

Voici ce qui reste d’un navire des années 20,

maisonnette de fortune pour messieurs les crabes.

L’épave m’attirait comme le chant des sirènes.

Beaucoup d’émotions et beaucoup d’images ont afflué lorsque j’ai posé la main sur cette carcasse désossée,

parcours dans les abysses s’en est suivi,

autour de lui tout est gris et froid,

moi seule peut le voir!

Rendu palpable, le malaise s’est effacé d’un trait,

encore un petit monde qui meurt sans faire de bruit.

L’endroit est figé comme une capture d’écran alors que le monde court et s’agite un peu plus loin.

L’histoire vous dira que les cotes du Cap sont devenues malheureusement, au fil du temps et à leur insu, de bien tristes cimetières.

Après quatre heures de marche, une  bière bien fraiche mais surtout bien méritée, s’imposait naturellement .

De retour au village, nous nous arrêtons dans un beer garden.

Il est dix sept heures, la musique bat son plein, l’ambiance est bon enfant peuplée par une société choisie.

Les gens discutent, s’interpellent, rient , boivent de grandes chopes de bière et dévorent de larges assiettes dégoulinant de cuisine locale.

L’ambiance est d’une douceur trompeuse,

ne vous méprenez pas…

au dehors, restent les autres.

Les angoissés de vivre dans un monde sans repères,

malheureux de ne pas avoir droit au bonheur des gens ordinaires.

à demain.

 

Remains of Thomas T Tucker, 1942 Photo: What's the Point

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66 Commentaires

  1. Anne says:

    Cette panique dans le sommeil, enlisée dans un mauvais rêve, ça m’arrive aussi. Et parfois même, je me réveille, me dis que c’est un mauvais rêve, mais je me rendors aussi sec et replonge dans ce rêve aussitôt ! Là, ça devient cauchemardesque. Ah…les rêves…
    Lorsque vous touchez cette épave, vous voyez plein de choses, cela doit quand même faire un drôle d’effet. Je me demandais, cela se produit sur tous les éléments du passé que vous pouvez croiser ou juste sur certains ?

        1. Anne says:

          C’est vrai, ça me revient ! Faut dire que je l’ai dévoré ce livre, très très vite car il m’a beaucoup ce qui peut expliquer peut être ce petit oubli 😉

  2. GUYBKK says:

    Sur cette jolie photo ,se dresse les restes d’une épave noircie dans le ciel azur . La mer dans sa puissance nettoie et efface le passage de l’homme comme un esprit purificateur , pour permettre à la nature de retrouver sa virginité et sa beauté naturelle

  3. Lili says:

    L’histoire se suit et se répète ; la supposée suprématie des uns sur les autres, les pauvres, les riches, les non coloured et les autres…imaginons un monde où les blancs seraient « la race inférieure » ?…
    J’ai le souvenir de 2 rêves extrêmes : l’un alors que je vivais à Barcelone où je me suis réveillée en riant de bon cœur (grand bonheur !) et l’autre où je courrais et montais des marches à l’infini avec un cousin décédé alors : j’étais réellement en nage, tremblante, exténuée à la sortie de ce rêve…
    Que deviennent toutes ces âmes ici bas méprisées, oubliées et de l’autres côté que deviennent les âmes des nantis ?
    Une phrase m’a interpelée Chère Sabine : « Pardon pour cette parenthèse complètement personnelle mais il est bon parfois de pouvoir se confier… » Is it a joke ?…

  4. Pascale says:

    Quelques articles en un article ce matin … pour les rêves j’ai souvent du mal à les comprendre, que veut dire l’inconscient ? Avec les indiens vous remontez le temps … d’une vie passée ? …
    Une question me vient suite à vos écrits : est-ce que chaque objet aurait une âme ? ou ressentez vous juste les âmes du lieu qui auraient par exemple vécues sur le bateau ?
    Heureusement que vous savourez de bons moments pour évacuer tout cela …
    Profitez bien de vos dernières journées.

    1. Sabine Thierry says:

      Pour les indiens je dirai un parallèle avec ce que je vois ici…
      Des injustices à gogo, et le fait qu’on leur vole quelque part leur terre et leur identité.
      J’analyse les rêves et je ne vous l’avais jamais dit, je me dévoile toujours un peu plus avec ce blog.

  5. Chantal says:

    Ah oui cela m arrive les cauchemars l autre jour j ai rêvé d araignées je me suis réveillée à 2h30 et n ai pas pu me rendormir avant la fin de la nuit…et depuis j e regarde partout de peur d en croiser une…
    Vous devez en voir des choses autour de cette épave….vous allez nous revenir fatiguée avec tout ce sport que vous aurez fait je sais que vous êtes au naturel sportive mais là; marche crapahuter etc…
    Et puis cette bonne bière pour vous remettre en forme..c est chouette je participe à toutes vos balades je vois cette belle lumière qui vous enjoue et elle me réchauffe il n y a peut-être que la cuisine dégoulinante qui ne m attire pas . C est bon?
    Merci pour ce réveil dans la lumière.

  6. Domino says:

    J’adore cet article. Plein de choses dedans. Et c’est drôle, il m’a d’autant plus interpellée que j’ai rêvé des choses sans queue ni tête cette nuit (je mettais mes bottes au four !!!). Et toujours cette impression idyllique en surface, rien qu’en surface … si bien racontée.

    1. Sabine Thierry says:

      peur-être tout simplement pour vous le temps de lâcher prise et de faire confiance.
      Pour aller plus loin, vous avez essayé d’assumer mais votre vraie nature c’est sûrement de rester une femme avec ses fragilités.
      Donc avec le besoin d’un homme pour avancer!

  7. Mimie says:

    Pouvoir voir les images du passé et ressentie les choses, quelle sensation étrange ça doit être.
    Merci pour le partage, j’aime beaucoup les photos.
    🙂

  8. Rabia says:

    Les reves sont notre subconscient me disait dernièrement ma psy .
    Depuis j’essaie de les analyser.
    Exercice certes difficile.
    Pour moi rien de plus énervant que d’etre plongée dans un rêve et brusquement je me réveille sans connaître la fin de celui ci.
    J’ai le sentiment de rester sur ma faim et je n’aime pas cette sensation d’inachevée.
    Oui cela doit être terrible le simple fait de poser votre main sur un objet de voir surgir plein d’images et de scènes du passé.
    Cela me fait penser que les objets ont eux aussi une âme.
    Repos bien mérité après cette nuit mouvementée et ce triste constat que nous ne sommes pas tout égaux meme pour faire la fête !

    1. Sabine Thierry says:

      C’est ce que je n’aime pas chez les psy, c’est qu’ils sont payés alors que c’est vous qui devez faire tout le boulot.
      Essayez de replonger dans votre rêve tout simplement la nuit suivante, ça marche.

  9. Sonia M says:

    Pour répondre à votre question ,oui j’ai déjà fait des cauchemars dont un qui est revenu souvent :j étais poursuivi par une milice armée jusqu’aux dents et après avoir couru une éternité je me cachais dans un buisson épineux duquel je pouvais observer tétanisée les têtes effrayantes de ces hommes. S en suivait un réveil particulièrement pénible !
    Aujourd’hui en vous lisant je perçois des contrastes tout le long de votre texte
    Le cauchemar de la nuit laisse place à la lumière de l écriture ; une épave ,un endroit figé et le monde qui s agite ;les cotes du cap de sable fin et chaud deviennent de vrai cimetière ; une société choisie en marge des angoissés de vivre malheureux. …..
    Rien n’est tout blanc ni tout noir .

    Ce n’est pas l heure mais ce soir je trinquerais en vous relisant pour ce sublime carnet de bord et tous les projets d écriture à venir ! 😉
    Bonne journée.

    1. Sabine Thierry says:

      Le carnet va continuer encore plusieurs jours, j’ai des écrits encore à faire paraître par conséquent pas le moment encore de verser la larme et de lui dire adieu…
      Je ferai signe quand ça sera terminé.

  10. Carole says:

    Cette carcasse de bateau… j’en ai vu sur les plages de Mauritanie, enfant et cela m’a toujours impressionnée.
    Par contre, je n’avais pas ce don de ressentir tout ce qui s’était passé en posant ma main sur cette carcasse et c’est tant mieux! je l’imaginais simplement et cela me suffisait.
    De vivre avec ce don de ressentir si fort les choses Sabine, c’est une vie incroyable et pas de tout repos.

  11. Vincent says:

    Beaucoup de thèmes se dégagent de votre texte Sabine. Déjà il nous permet de nous rappeler que vous êtes toujours connectée et j’ai parfois moi-même ressenti aussi des choses en touchant des objets. Bien évidemment ce n’est pas à chaque fois mais j’aime bien me connecter aux objets pour parfois sentir le passé. D’ailleurs cela m’est arrivé une fois au Cambodge dans une prison devenue musée de sentir les personnes et de les entendre crier. C’ était très pertubant ou alors j’ai senti la tristesse des esclaves sur l’ile de Goré au Sénégal c’est très particulier. En ce qui concerne les rêves je cherche souvent leur signification même si je me rends compte que je ne m’en souviens plus au réveil, après je me dis que je rêve tellement les yeux ouverts que c’est peut-être pour cela ah ah ah…Puis finalement je partage une fois de plus votre constat des deux mondes que j’ai si souvent fréquenté d’un côté celui des nantis où je me suis très souvent retrouvé et de l’autre côté ceux qui regardent, ceux qui travaillent sans cesse pour qu’étrangement notre monde soit plus joli. Moi je ne les oublient jamais et les regardent aussi car la misère ne m’est et ne sera jamais invisible pour moi.

  12. chantal11 says:

    J’ai lu et relu votre texte et tous les commentaires…
    Une grande émotion , sourire, la larme qui n’est pas loin,l’intrigue , le décor dessiné
    Une émotion réelle crée par toutes ces situations et description, plutôt intenses!
    Et toujours ces mots discrets qui en disent long

  13. Christelle77 says:

    Quelle photo ! On croirait un squelette fossilisé et rouillé, laissé là pour rappeler que si la mer est belle, vivifiante, un spectacle sans cesse renouvelé, elle peut aussi dévorer les bateaux parfois pour les recracher un peu plus loin sur le sable ! Et finalement, ce que vous montrez de ce beer garden, c’est la même chose : la vie peut-être belle, paisible, chaleureuse et riante … mais elle en dévore tellement d’autres qu’elle rejette un peu plus loin !
    Ps : J’espère que vos rêves ne sont pas prémonitoire au moins !

      1. Béa says:

        « ne pas avoir droit au bonheur des gens ordinaires » parmi beaucoup d’autres dans l’article comme aussi « encore un petit monde qui meurt sans faire de bruit » mais celle-ci je crois l’avoir déjà lu dans votre dernier livre.

      2. Rabia says:

        « Les angoissés de la vie ». Ces mots ont retenus mon attention.
        L’angoisse est un sentiment que l’on se crée.
        Pourquoi se privent ils de faire la fête ?
        On peut faire la fête chacun à son niveau et pour moi faire la fête est un synonyme de liberté.

  14. Nam says:

    Pour répondre à la question, Oui comme tout le monde je pense, cela m’est arrivé de dire « ouf ce n’était qu’un rêve! »
    Les rêves, cela me parle! Il y a normalement toujours une interprétation dans mes rêves 🙂

  15. Carole says:

    C’est cette phrase qui m’a interpellée:
    « Beaucoup d’émotions et beaucoup d’images ont afflué lorsque j’ai posé la main sur cette carcasse désossée » .
    Je vous imaginais sur la plage près de cette carcasse de bateau. visualisant ce qui s’était passé et peut être les personnes qui s’y trouvaient.
    Cela m’a fait froid dans le dos.

    1. Sabine Thierry says:

      j’ai décrit tout de suite après ce que j’ai vu, rappelez vous…tout est froid et gris.
      je trouve intéressant de développer,
      car ma priorité reste de bien me faire comprendre et d’avoir les bons mots pour vous.
      C’est important pour moi de justifier mes textes.
      Merci les filles d’avoir ouvert le bal.

  16. Christelle77 says:

    Une phrase qui m’a interpellée : « Alors que je vous écris, je me surprends, inquiète à regarder tout autour de moi… ». Parce qu’on vous imagine tellement souvent entourée d’êtres que nous ne voyons pas pour notre part, on ne vous imagine pas inquiète qu’il puisse y en avoir issus de votre rêve.

    Mais aussi : « Le sable fin et chaud » : j’ai eu un pincement au cœur de ne pouvoir vivre le bonheur procuré par cette sensation.

    Le fait que vous parliez de votre maman aussi, même si c’est pour la citer brièvement. On vous sait vous-même « maman » … mais on oublie parfois que vous êtes aussi « fille » (c’est bête ce que je dis là non ?).

    Et puis tout le passage où vous touchez la carcasse et les sensations qui vous arrivent (et qu’on imagine). Parce que ça même si c’est « impalpable » pour nous, c’est toujours un peu effrayant pour moi cette idée de côtoyer les morts.

    Mais comme toujours, j’aime vos expressions et vos images en mots.

    1. Sabine Thierry says:

      parce que trop souvent par manque d’intérêt, on ne sait rien de l’histoire, la vraie.
      L’image du couteau est violente certes mais elle est forte symboliquement.

  17. chantal11 says:

    parcours dans les abysses s’en est suivi,autour de lui tout est gris et froid,
    moi seule peut le voir!
    Je me suis dt: » sabine a dû apercevoir cet homme , ressentir cet homme dans une eau à 12°
    l’agitation des fonds créant une trouble ,grise,angoissante

  18. Chantal says:

    Ah je suis contente je pourrais profiter de votre voyage encore quelques jours….Toutes vos phrases m interpellent je suis une crêpe qui passe du sourire à la tristesse. Celles qui m ont le plus marquées sont
    Je vous écris je me surprends inquiète à regarder autour de moi. C est la première fois au cours de ce voyage que vous évoquez la peur.
    Aussi quand vous rappelez que les français avaient été les premiers barbares a instauré le scalp…l histoire des français n a pas toujours été belle.
    L épave m’attirait comme le chant des sirènes
    J ai eu très envie de venir l entendre avec vous puis je me suis vite ressaisie lorsque vous vous êtes approchée de l épave ou tout était froid et gris l au delà me fait peur..
    Mais j aime tous vos récits donc je les relis plusieurs fois et je puise la force pour avancer…

  19. Vincent says:

    Les mots espérances et abysses arrivent ex aequo pour moi car ce sont exactement deux mots paradoxaux mais qui définissent bien je trouve l’Afrique du Sud et qui actuellement me résument plutôt bien. Comme ci pour arriver à l’espéraance parfois il faut plonger dans nos abysses pour en sortir le meilleur.
    Bises

  20. chantal11 says:

    La lumiére que vous décrivez pour moi elle est sublime le matin , dans la journée elle m’indispose et le soir
    c’est du grand spectacle en attendant son coucher!

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