Mon Carnet De Bord…Acte 23.

A peine le pied parterre, je file dans la cuisine pour mettre de l’eau à chauffer pour le thé,

après,

religieusement, je prépare mon porridge tout en mettant  dans le toaster deux tranches de pain.

Le miel et le beurre sur la table, un jus d’oranges pressées et le tour est joué,

ma journée peut commencer.

Je choisis d’avoir le ventre plein pour ouvrir enfin mon ordinateur,

lire mes mails et vos commentaires sur mon blog.

L’adage « loin des yeux, loin du cœur » ne fera pas de moi sa prochaine victime.

Quand j’en ai terminé, je traîne ma langueur jusqu’à la salle de bain,

rien ne vaut une bonne douche pour se réveiller.

Je m’installe face à l’écran,

une ligne puis une autre ,

des mots qui volent dans les airs,

il me suffit de tendre la main pour les saisir et les déposer sur la page,

c’est au fil de mille invisibles hasards que ma plume prendra telle direction plutôt qu’une autre.

la pièce s’emplit soudain de la douce musique de mon écriture.

Je laisse voguer mes pensées et mes souvenirs de la veille,

je relis mes notes,

la théière est sur le feu,

je me lève et me sers une tasse fumante.

C’est dans le petit tamis du quotidien d’hier, au cœur de ce grand laboratoire du comportement humain que vont se sculpter les âmes de ce nouvel article.

Pour commencer un cliché…

sur la plage un matin une équipe de cinéma,

ils tournent sous une chaleur déjà accablante,

le soleil ici, n’est pas fainéant.

je ne fais que passer et m’éloigne discrètement pour ne pas déranger.

Je marche pendant un peu plus d’une heure,

ce qui m’aura permis de profiter de la solitude, du bruit des vagues et d’un paysage féerique,

au bout des yeux , en face, de fières montagnes aux cimes asséchées.

J’en ai d’ailleurs profité pour sauver d’une noyade certaine, une guêpe des plus paniquées.

Sur le retour, l’âme reposée et le cœur léger, (forcément j’avais fait une bonne action)

je croise à nouveau l’équipe de cinéma.

Enfin non,

pas vraiment, je passe devant une grande et confortable tente (façon berbère) où profite de l’ombre, du doux ronronnement des ventilateurs installés pour l’occasion, mais aussi de mets délicats, le staff.

Un peu plus loin, assis dans le coffre d’un des véhicules, quatre noirs isolés.

Trois hommes et une femme faisant partie du groupe de travail mais qui à priori n’avaient pas les mêmes avantages que les autres.

Ici, il y a encore dans certains endroits des écoles pour les blancs et des écoles pour les noirs.

Des serviteurs pour les blancs et des patrons pour les noirs.

Attentive à la condition des mal lotis et à l’injustice dans leur quotidien,

je réalise qu’ici tout est une affaire de territoires qui depuis longtemps n’est plus à déterminer.

Il me reste à espérer qu’un jour peut-être cette différence déclenchera une levée de boucliers.

 

 

 

42 Commentaires
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42 Commentaires

  1. Tatiemomo says:

    Oui espérons et nous petits européens pensons bien naïvement que l apartheid est terminé …
    Merci pour ces récits nous avons au travers de votre propre voyage découvert la réalité déroutante d un pays: les lois ne font pas tout, les signatures au bas d une page non plus!
    A très vite!

  2. Sonia M says:

    Vous êtes une véritable artiste des mots !
    C’est léger et profond à la fois.
    Votre nature terriblement emphatique me permet de vivre l Afrique du Sud sans jugement, je constate qu au fil des jours passés avec vous là bas , la rage de toutes ces injustices fait place à la réflexion.
    Votre regard posé sur ce pays tel un film documentaire m a transporté.
    J essaye de cheminer différemment depuis quelques années, votre voyage m a apporté quelques clés supplémentaires.
    Merci.
    Bon retour

  3. Josiane says:

    Bonne surprise,un autre article,c’est cool,merci!
    Votre journée commence bien,comme je les aime,il va falloir que je me mette de la musique moi aussi,de bon matin….
    Cette différence entre ‘les noirs et les blancs » comme vs dites fait mal,vs faites bien d’insister….
    Profitez bien alors jusquà demain,bonne journée

  4. michel says:

    Bonjour, votre texte sont bien écrit, avec vos ressenties et la beauté de ce pays . Cependant , les dirigeants signent des choses mais ils font rien pour améliorer les conditions de ses gens là, ils ont rien à faire. Il y a deux monde, le blanc et les noirs se n est pas normal en 2018 .Je trouve que vous êtes une personne avec gros coeur et que vous aimez aider les autres . Bon retour, merci pour votre carnet de bord.Bonne journée.

  5. CEDRIC says:

    J’ai presque pris mon petit déjeuner en même temps que toi 😊. Ton article est très imagé .. Et mon petit doigt me dit que tu es la première à te lever le matin 😜, afin de trouver du calme et de la quiétude dans le salon … Bonne journée et profite des derniers instants en Afrique du Sud.

  6. Carole says:

    Merci de nous avoir emmenés dans vos bagages…
    J’ai l’impression d’avoir fais connaissance avec l’Afrique du sud, pas celle des guides touristiques mais un voyage privilégié de l’intérieur grâce à vos ressentis, vos émotions.
    Au delà du pays, c’est aussi à travers ses habitants.
    Vous m’avez souvent touchée à travers vos écrits . MERCI

  7. Anne says:

    Ah…la différence…oui elle est partout autour de nous. C’est un thème qui m’est cher et nous en débattons beaucoup avec mes élèves, je crois qu’accepter les différences, quelles qu’elles soient, doit s’apprendre dès petit. A ma petite, toute petite échelle, je pointe ce sujet du doigt très souvent avec les enfants car c’est souvent ce qui est au coeur des disputes….

    1. Christelle77 says:

      100% d’accord Anne ! C’est petit qu’on apprend, parce qu’on est une éponge et que les préjugés ne sont pas encore ancrés. L’école est là pour contrebalancer parfois le discours ou les actes radicaux des parents et leur apprendre à réfléchir par eux-mêmes, à adopter leurs propres positions. Pas facile … mais vous êtes là !!

      1. Domino says:

        Mais les enfants s’acceptent avec leurs différences eux, du moins les tous petits. Pour avoir travaillé en maternelle, je me souviens que les petits étaient adorables avec N….., enfant qui ne parlait pas, victime d’avoir trop vu de violences à la maison (pourtant on l’a laissé à ses parents, mais ceci est un autre débat …), ils n’envisageaient aucun rejet pour L…, dont la maman était voilée, et Y…, tout noir …. Les enfants voient les différences bien sûr, mais ils ne les considèrent pas comme des obstacles. C’est après que ça part en cacahuète.
        Ça me rend folle de rage cette image de ces noirs dans le coffre ! Le chemin est encore long … Agissons à notre échelle, avec nos enfants déjà …. Et croyons y, malgré tout.
        Merci Sabine pour vos témoignages. Comme dit Tatiemomo, nous pouvions croire naïvement que l’apartheid était terminé, vu d’ici … Gardons les yeux et les oreilles ouverts. Et l’esprit surtout.

  8. Chantal says:

    Encore une fois je suis en Afrique du sud le the est chaud cela réchauffe car il a fait très froid ce matin…c est vrai que je ne pensais pas qu il y avait autant d inégalités là bas car c est chez eux quand même….je ne pense pas que ça durera ils ont tous internet et finiront par ne plus accepter ces inégalités. Même pendant votre promenade vous trouvez le moyen de sauver une petite abeille…c est une seconde nature pour vous ..
    Ce matin je suis allée voir le médecin qui m a dit que ma voix était moins éteinte…et je lui ai répondu que c était grâce à votre voyage qui m avait sorti de ma routine et de mes douleurs…que de lire tous les messages m avait mis un coup de pied aux fesses et secouer un peu…on dit souvent que de ne pas se sentir seule à souffrir ça aide… Je ne suis pas gentille de dire cela mais c est avec beaucoup d empathie que j ai lu tous les messages.
    Merci a Sabine et merci à toutes et tous..

    1. Sabine Thierry says:

      Rappelez vous du temps de la radio certains disaient que l’émission devait être remboursée par la ss.
      vraiment heureuse de vous avoir permis d’oublier un temps vos maux!

  9. véro biarritz gros cucul says:

    Du porridge !!!!!!!!!!!!!! diable que c’est bon !!! sourires … Mes tartines dans le toaster et un café chaud à portée, je suis prête ! Avant même d’y être, je m’amuse d’aller sur la toile lire ton dernier article. Comme tu es prolixe ! Je vois que les mots jonglent entre tes doigts, chacun y trouve sa juste place. La chaleur du Cap transperce l’écran accompagné de ton regard en éveil. Ici il fait si froid !!! L’altérité dont nous devons faire preuve me rappelle combien j’ai de la chance … Je t’embrasse depuis mon canapé d’où j’entrevois l’océan … quel luxe et quelle chance !

  10. Laurence says:

    Encore et toujours l’esclavage…
    Est ce que le mot race est employé en Afrique du sud comme aux USA pour designer les blancs et les noirs? En France cela est considéré comme raciste.

      1. Laurence says:

        Aux Etats Unis on parle d’homme de race blanche ou de race noire. En France le terme de race est utilisé pour le genre animal uniquement.
        Je me demandais si le racisme était flagrant en Afrique du sud jusque dans les termes… Ceci dit, termes ou pas, cela ne change pas la réalité: les blancs qui règnent et les noirs qui crèvent. Qui peut parler d’humanité?

    1. Christelle77 says:

      De ce qu’on en lit sur internet, les « races » semblent bien identifiées : les « noirs », les « coloured », les « malaisiens », les « blancs ». ça sonnait si joliment la « nation arc-en-ciel » de Desmond Tutu ! Dans les faits, tout le monde ne semble pas être du même coté de l’arc-en-ciel : les uns sont dans la misérable pluie, les autres sous le festoyant soleil !

  11. Vincent says:

    Dans tous les pays malheureusement les mêmes inégalités, chacun avec ses propres particularités…La misère qu’on tente de gommer, de cacher mais qui si on gratte bien est partout, en tout cas on la voit partout, il suffit soit de baisser la tête soit de lever le nez de notre nombril. Bon week-end

  12. Christelle77 says:

    Vous nous parlez souvent de l’Afrique du Sud comme le pays des Dieux. Les dieux de la nature semblent faire le leur : que les paysages sont beaux à travers vos yeux et vos descriptions ! … Pour ce qui est des humains, il semble qu’il y ait par contre un paquet de points à revoir ! Ou alors, il y a un Dieu blanc qui commande à un Dieu noir de perpétuer ces inégalités. Ou un Dieu noir qui s’en cogne de ses ouailles ? … Ou un Dieu « politique » qui décide de tout ?
    J’espère qu’avant de partir (dans quelques heures), vous nous expliquerez pourquoi « le pays des Dieux » !

    Ps : merci de nous avoir laissé être une petite souris qui observe la mise en place du travail de l’écrivain !

  13. Sylvie says:

    Nous sommes au 21eme siècle et toujours autant d’inégalités entre les races .
    Malgré tout cela au moins il reste de somptueux paysages en Afrique du sud.

  14. Sabrina says:

    Pourquoi est il dans la nature humaine de regarder les différences ? Pourquoi se trouver mieux que celui qui est noir, blanc ou d’une autre couleur , moins riche ( disons le même pauvre ) et en moins bonne santé ..?
    Nous ne savons plus regarder au delà des apparences et nous nous limitons à ce que nous voyons … l empathie se fait rare …et heureusement nous sommes encore, j’ose l’espérer, un bon nombre à avoir ce supplément d’âme…
    Merci pour ce superbe voyage à travers vos écrits, vos mots et vos images, Sabine . Bon retour en France .

  15. Amelie says:

    -le problème c’est qu’il y a des gens qui profitent de la misère humaine pour s’enrichir !!
    -Alors que dans bien des pays , comme par exemple , à Madagascar ils ont de très belle richesse terrienne dont les blancs importent ,pour les revendre en France au prix fort ,alors qu’il y a exploitation de ces pauvres gens !!!
    Malheureusement , la pauvreté est partout ,
    -Quand l’on voit les gens qui dorment dehors en hivers et d’autres qui n’ont guère de quoi se chauffer !!! c’est triste et inhumain
    -C ‘est beaucoup la faute à nos politiciens et leurs lois qui ne sont pas à la page !!!!

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