Mon Carnet De Bord…Acte 27.

Une grande silhouette dégingandée,

Un visage aux joues creusées, buriné parce que depuis toujours livré au soleil et aux vents.

La sueur au front et,

les cernes qui lui plombent les yeux.

Un homme quinquagénaire,

mûr au corps sec, musculeux,

fin et saillant…

il est rongé par l’amertume.

Même si il est une force de la nature,

on entraperçoit sa détresse..

Son regard gêné s’attarde sur ses ongles noirs et sur les tâches sur le col de sa chemise froissée.

Il appartient à un monde qui traîne sans espoir jusqu’à la dernière heure,

pour les nantis, il est donc corvéable à souhait.

Pour quelques sous qu’on lui donne ou pas à la manière des dés jetés sur la table du hasard,

il surveille toute la journée les voitures garées sur le parking.

Le soir venu,

quand il passe de la lumière à l’obscurité,

il rentre chez lui,

petite cabane de fortune faite de morceaux de tôle,

nichée au creux d’un townships,

où il fait bon y déposer ses chagrins et ses colères.

Un homme de plus en marge qui noiera sa triste réalité dans l’alcool.

Avant de s’endormir,

il écoutera au loin  les bruits de l’océan qui donnent envie de prendre le large.

Demain, dès l’aube il se lèvera.

reposé, il connaitra pendant quelques minutes l’ivresse des commencements.

Il a laissé son prénom dans un coin de sa vie et préfère qu’on l’appelle Cliford.

Il est de ceux qui vous rendent plus perceptifs au spectacle du monde.

Pour vous…

un portrait de plus qui se mêle au tableau bouillonnant de l’Afrique du sud.

34 Commentaires
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34 Commentaires

  1. Lili says:

    Voilà donc l’histoire promise de Cliford..elle s’accorde parfaitement à la chanson d’aujourd’hui…
    Oh Lord, please don’t let me be misunderstood
    Quand on voit ce qui se passe sur notre planète, je doute qu’Il existe mais qu’on me prouve le contraire agnostique que je suis.
    Cliford continue car il espère des jours meilleurs ; beaucoup espèrent des jours meilleurs qui ne viendront jamais. « Demain, dès l’aube il se lèvera. Reposé, il connaitra pendant quelques minutes l’ivresse des commencements ». Cette phrase résume élégamment et désespérément le pourquoi l’être humain, malgré son infortune, s’accroche à la vie.
    Quel intérêt alors de vivre cette vie ? J’espère que leur âme trouvera le repos paisible qui leur fasse accepter les souffrances ici bas…

    1. Sabine Thierry says:

      c’est parce que Lili vous connaissez l’opulence,
      eux ne savent pas ce que c’est.
      Avant de connaître le confort, il ne nous manque pas.
      Demandez à votre maman.

      1. Josiane says:

        C’est sûr’quand on ne connaît pas le confort,on fait avec….mais quand on l’l’a,on l’apprécie,quand on voit comment ces pauvres gens vivent,du peu qu’ils se contentent ,on ne devrait pas se plaindre,en vouloir tjs plus

  2. Chantal says:

    Oui beaucoup de détresse sur le visage de cet homme mais vu son allure je suis sûre qu il y a un sens à sa vie cela ne me plaira pas de vivre la sienne mais il a un but et il paraît tellement digne malgré sa colère .
    Quel beau message encore ce matin cela me montre que je dois être heureuse…

  3. christelle77 says:

    J’aimerais savoir quel est le taux de suicide en Afrique du Sud. Car quand on vous écoute nous raconter la vie de multitude de gens qui sont comme Cliford, on se demande comment tenir et pourquoi s’accrocher à la vie à ce point : Pas d’espoir, pas de lumière au bout du tunnel, un brouillard constant empêchant de trouver son chemin (si tant est qu’il y en ait un !).
    Depuis quelques jours, l’Afrique du sud est en 1ere ligne des actualités internationales avec la démission du président Zuma, qui a lutté contre l’Apartheid … mais qui s’est laissé gangrener par la corruption et qui l’avoue haut et fort en plus ! … Quel espoir pour ceux des townships quand leurs « héros » d’alors en viennent à suivre les vils instincts des hommes plutôt que de tirer vers le haut tout un peuple ?

      1. christelle77 says:

        Ils ne connaissent en effet que ça, mais ils boivent pour oublier. Ils savent donc bien que ce qu’ils vivent n’est pas ce que tout le monde vit et qu’ils n’ont ni les mêmes droits, ni les mêmes chances dans la vie. Il faut finalement être sacrément courageux pour accepter cela jusqu’au bout !

  4. Pascale says:

    J’ai du mal à accepter le sort des personnes que vous décrivez … c’est vraiment triste, j’ai mal pour eux … quelle misère … comment peuvent-ils subir une vie comme celle-ci ? On a beaucoup de chance, nous sommes vraiment des privilégiés du monde … et on ne le voit pas même pas !

  5. Nam says:

    Merci pour ce partage de ce portrait qui dépeint la singularité de cette personne et nous fait découvrir son quotidien à travers les frontières. Cliford a son histoire et la chance sourit inégalement en chacun d’entre nous. Les priviligiés doivent certainement être partout et la misère l’est également, ici et là bas à sa façon.

  6. Domino says:

    Quel beau portrait ! Pour un homme très beau lui aussi, avec son visage plein de gravité et de dignité. Merci Sabine de mettre Cliford (quel que soit son vrai prénom « laissé dans un coin de sa vie « ) en lumière.

  7. Nam says:

    Le prénom Cliford m’a fait me remémorer le sympathique héros de ce nom, un dessin animé que je regardais lorsque j’étais petite. Vous connaissez peut-être… ce choix de Clifford n’est peut-être pas anodin alors… par rapport à la qualité de ce personnage et de votre personne décrite. =)

  8. Anne says:

    Un homme dans l’ombre et mis en pleine lumière sous la belle clarté de votre plume. Il n’a pas grand chose et peut être quasiment rien et pourtant, il m’apparait fort. La phrase suivante m’a beaucoup touchée : « il connaitra peut être pendant quelques minutes l’ivresse des commencements ». Cette phrase me peine car on sent l’espoir d’une vie meilleure et chaque jour, cet espoir s’envole…

  9. Rabia says:

    Cliford est mis à l’hinneur sous votre belle plume.
    Triste vie que la sienne.
    Sa seule consolation , sa cabane de tôle et son alcool …
    Il garde espoir et je pense que c’est ce qu’il lui permet de rester digne.

  10. florence says:

    Cette description me glace le dos et me noue le ventre…Que de misères!
    Mais aussi que de résignation et de foi…ce que je pense en tout cas, qui lui permet d’etre en équilibre!
    Et là, j’en suis quelque part à de l’admiration, de cette volonté et ce courage!!!!!

  11. véro biarritz says:

    En lisant cette histoire je me rends compte de la chance que j’ai : un toit, un travail, un frigo plein, la santé. Oublier son quotidien parce que trop lourd d’aussi peu d’amour dans l’alcool .. quelle triste vie …

    Je ne sais pas si je peux l’écrire ici Sabine … pour ceux qui cherchent un job ou pour leurs enfants cet été il existe un groupe sur Facebook avec des tas d’annonces « Ma Boîte à Job » … si ça peut aider …

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