Les carnets noirs de la voyance…

Les carnets noirs de la voyance,  c’est pour moi le plaisir d’écrire mais pas que…

c’est… parce qu’écrire c’est entrer dans ma maison et me sentir chez moi.

Ecrire… c’est interroger le mensonge et l’illusion, c’est jouer de la frontière entre réalité et fiction.

Voir,  comme moi dans le rétroviseur …c’est pareil.

Les carnets noirs de la voyance, c’est parce qu’après avoir écrit … La petite fiancée des ombres (le livre) j’avais encore mille choses à vous raconter et je commencerai avec la petite histoire de deux hommes, un jeune et un autre qui,  il y a bien longtemps lui aussi… l’a été !

Ces deux hommes sont liés sans se connaître par un secret identique, un secret identique resté bien caché dans la brume de leur cerveau.

Prisonniers de cette cage d’écureuil, leur quotidien depuis est teinté d’exil et de solitude.

C’était il y a deux ans pour l’un.

C’était il y a quarante ans pour l’autre.

Qui n’a pas rêvé à l’adolescence d’être n’importe qui excepté soi?

Parce que tous les deux ont voulu escamoter la souffrance, parce qu’ils ont voulu la nier, ils ont couru le risque qu’elle finisse par tout envahir.

Le plus jeune est nerveux  et en perpétuel déséquilibre à l’idée de devoir exister après ce qui s’est passé.

Le plus vieux, depuis se sent.. île parce qu’il n’a plus de pays.  Quand il n’est pas occupé à tailler ses fleurs avec la minutie d’une dentellière, le vin contribue à tendre les liens et à se sentir moins seul.

L’un est l’autre au cours d’une consultation, le geste désorganisé et la parole nerveuse m’ont avoué leur secret.

Ils ont un jour…

Il y a deux ans …

Il y a quarante ans,

tous deux ont cédé aux facettes de leur côté obscur. Ils avaient seize ans et ont cru un soir pouvoir freiner le temps qui passe et vérifier leur pouvoir de séduction.

La faiblesse c’est de traiter quelqu’un comme s’il vous appartenait.

Un soir ou… peut-être une nuit ils ont, à quarante d’intervalle l’un et l’autre commis l’impardonnable.

Depuis, médiocres survivants en plein incendie mental, la honte est insupportable et l’absence d’aveu tout autant.

Pour ma part, je leur ai dit que rien ni personne ne pourra effacer. Rien ne sert à vouloir s’extraire à quatre patte des ruines de leur mémoire,   mais continuer à faire semblant et parce qu’ils n’ont pas le choix…survivre.

 

 

 

 

 

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  1. Boucle d'or says:

    Les carnets noirs, cela me fait penser à la boîte noire dans les avions. Ce que l’on décortique si besoin pour rechercher la vérité, mettre à jour ce qui s’est passé.
    Je ne suis pas un homme donc c’est difficile pour moi de me mettre à la place d’un homme et d’un violeur de surcroît ( si j’ai bien compris ce qu’ils ont fait ). En tant que femme, pour moi, c’est impardonnable, vu ma vie antérieure de diva…. les hommes doivent traiter les femmes comme des bijoux précieux !!

  2. sandrine. says:

    En lisant l’article moi aussi j’ai pensé au viol. Comme vous dites il n ‘ ont pas le choix survivre . Dans leur vie ils doivent avoir un certain mal être.

  3. ils ne pourront jamais oublier ce qu’ils ont infligé à ces personnes;;;(si j’ai bien compris le texte….),il faut vivre avec…. tout comme un mari qui a battu sa femme…devant meme ses enfants, et qui « maltraite ses enfants….(ça me rappelle trop de mauvais souvenirs quand j’étais petite)je pense que ces personnes doivent le regretter énormémént ,meme en avoir honte mais c’est comme ça,le principal ds ces histoires,c’est que les les personnes qui ont subi arrivent a relever la tete(elles n’ont plus ne pourront jamais oublier ou pardonner…mais c’est comme ça,il faut avancer….

  4. Sabrina says:

    Deux hommes rongés, peut être, toute leur vie à cause d’un acte impardonnable . Peut-on vivre avec ce fardeau toute son existence ? Pour ma part , je ne pense pas , à moins d être déconnecté de la réalité en permanence ou bien de faire partie de ces êtres qu’ avec des côtés obscurs .
    Sabrina

  5. Christelle77 says:

    Quelle terrible histoire et quelle horrible situation pour vous de devoir entendre ce genre de révélation et de savoir comment réagir ! ça me fait penser à une autre histoire que vous nous aviez raconté : celle de cette femme « mère d’accueil » qui avait eu une relation avec le jeune mineur dont elle s’occupait et qui était aussi venue vous voir pour savoir si ce qu’elle avait fait était pardonnable ou impardonnable !

    Pourquoi sont-ils venus vous voir d’ailleurs ? Pour s’entendre dire : « Allez, passez à autre chose ! » ou « Allez vous dénoncer à la police ! » ? Sont-ils venus vous voir comme certains avant allaient voir le curé du village pour savoir combien de « Notre père » et de « Je vous salue Marie » permettraient de laver leur pécher ?

    Enfin, est-ce qu’un jour les 2 jeunes femmes victimes de ces hommes pourront voir leur bourreau condamné ?

  6. Amelie says:

    Et oui , c’est la conscience qui est là , toujours là .
    Il y en a qui ont oublié qu’ils en avaient une , malheureusement .
    C’est bien triste .

  7. JOSIANE says:

    c’est vrai christelle,on se demande ce qu’ils attendent en allant voir sabine,peut etre qu’elles puisse leur dire ce qui va se passer par la suite….Deja le fait d’en parler ,de se « confesser… » a quelqu’un….,mais les victimes ds tout ça……surtout que sabine a du voir ce qui s’était passé, a la consultation avant meme qu’ils ne parlent,….,pas facile pour elle non plus,sujet tres délicat

  8. Monique tatiemomo says:

    Lourdes confessions , que de noirceurs dans ces vies! La pire des punitions: le remord ,le mal être avec lesquels il faut vivre . Pire que la prison des hommes , que la justice des hommes , une prison qui comme un étau bloque votre esprit à jamais et fait que tous les matins quand vous réveillez vous avez honte de vous! Ne plus jamais vivre en paix! Je pense aussi aux victimes qui elles peut etre n ont jamais été reconnues en tant que telles…

    1. christophe says:

      oui, et au milieu Sabine. Qui prend des risques faut bien le dire, on ne sait jamais. Le remords de dire son crime ..cela peut être des tueurs, cela peut être des gens qui ne se confient pas et dont les actes sont vus par Sabine .bref un coup de chapeau pour le courage et le sang froid.

      1. Sabine Thierry says:

        c’est mon histoire ,et comme j’y suis bien installée, je ne vois pas le pire(pour moi)
        ma faculté à m’oublier devant l’autre est grande, ça s’appelle l’empathie.

  9. yefsah says:

    Pour ma part, je ne cautionne pas le pardon pour cet acte, j’ai vu assez de femmes brisées pour me dire que c’est trop facile après de se dire le pauvre, il regrette, mais au moment de passer à l’acte a-t-il pensé à la personne qu’il maltraitait non, alors pour moi-même certaines personnes me trouver dure, ses deux ne là méritent aucune compassion

  10. Béatrice83 says:

    Les carnets noirs de la voyance… je trouve ce titre tellement juste !
    Des êtres « humains » … qui ne contrôlent pas leurs pulsions sexuelles qui veulent posséder l’autre comme on possède un objet selon l’humeur du jour…
    Ce qui peut leur arriver de mieux c’est de rencontrer leur conscience « dans la brume de leur cerveau » comme vous dites si bien Sabine, d’une part pour souffrir à leur tour et d’autre part (parce que sans conscience pas de souffrance) pour grandir dans leur tête, devenir responsable de leurs actes, sublimer leur sexualité dans des actes honorables, cela n’effacera rien mais quelque part cela rendra foi aux victimes qui doivent sentir toute leur vie une part d’elle-même objetisée avec tout ce que cela engendre… car rien ne s’efface

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