Les carnets noirs de la voyance…Yolande.

Les mots sont incapables de retranscrire en totalité ce qui a pu être,

qui se doute de ce quelqu’un d’autre qui peut être tapi au fond de nous même.

Yolande petite femme de soixante ans, pas fâchée avec la vie, malgré son sourire en bandoulière sa mémoire était une chambre noire…l’ombre qui vivait sur son visage est la même que celui qui a perdu quelqu’un.

Ses voisins, des âmes sèches, plutôt que de pratiquer la courte échelle, se faisaient un devoir de pratiquer avec elle le croche-pied.

La nuit, durant de nombreuses années, ses cris et ses pleurs ne les ont jamais inquiétés alors qu’ils percevaient l’écho de sa chambre, de sa maltraitance, du reste du monde.

Yolande était devenue l’ombre docile de son père tout puissant ayant appris lentement depuis l’enfance la solitude et le secret.

Yolande, c’est une vie, qui ne finit pas de se serrer et de se défaire pour s’achever dans une violence extrême.

Décidée à casser le fatalisme de la domination paternelle, un jour, dans son jardin, à un arbre, elle s’est pendue.

Les zones de terreur parfois sont invisibles, passeur entre deux rives, aujourd’hui, Yolande est devenue depuis, la femme qui murmure à l’oreille du néant.

 

26 Commentaires
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  1. chantal11 says:

    En premier jet ce qui m’a interpellé et fait sourire, l’expression : »Ses voisins, des âmes sèches, plutôt que de pratiquer la courte échelle, se faisaient un devoir de pratiquer avec elle le croche-pied » je la garde sous le coude , peut être une petite affiche dans mon village
    Yolande aurait donc subi l’inceste de son père et fût meurtrie toute sa vie , comment oublier
    Son pére agissait tel un bourreau

  2. Anne says:

    Comme d’habitude, ce récit est très fort, très émouvant, j’en avais les larmes au yeux…La photo m’a aussi émue, elle m’a tout de suite fait penser à mon arrière grand mère que j’adorais.
    Yolande, passeur entre deux rives aujourd’hui…j’imagine que Yolande communique avec vous…du moins c’est mon interprétation.
    Drôle de vie pour Yolande qui a tellement subi et souffert…Je ne comprendrai jamais comment un papa peut faire subir cela à son enfant…comment un parent peut faire autant de mal à son enfant…

      1. Anne says:

        Oui, j’ai été et suis confrontée à des enfants parfois en souffrance, des souffrances différentes maïs qui leur font mal aussi, des enfants dont les parents ne portent aucun intérêt à ce qu’ils font, à qui ils sont…Des maltraitances physiques et psychologiques…Cela je ne le comprendrai jamais je pense et je ne m’y ferai jamais ! Impossible d’oublier certaines situations si dures…et si injustes ! Je repense à une petite fille que j’ai aidé et qui a été si reconnaissante alors que je n’ai fait que mon devoir, rien d’exceptionnel maïs le devoir de citoyen : nous ne devons pas taire ces situations.

  3. Laurence says:

    Une bien triste histoire, des maux qui détruisent.
    Une personne qui aurait pu être sauvée si les langues s’étaient déliées, si la méchante indifférence de ceux qui savaient ne s’était pas acharnée sur elle.

    1. christelle77 says:

      L’indifférence ou l’idée que ce sont aux autres de faire le premier pas. Il est prouvé que face à une agression, plus il y a de monde présent moins il n’y a d’aide à la victime. Cela avait été expliqué par un psy lorsqu’une femme s’était faite violée dans un train ou un métro je ne sais plus, devant plusieurs personnes. Aucun n’a bougé non par indifférence face au drame mais car chacun attendait qu’un autre se lève pour ensuite aller lui prêter main forte ! Affreusement incroyable non ?

  4. JOSIANE says:

    pourquoi avez vs choisi cette photo sabine??c’est une dame agée…..donc yolande aurait attendu tout ce temps jusqu’à 60 ans pour oublier définitivement l’enfer qu’elle avait vécu,….avait elle rencontré quelqu’un???fonder une famille???

      1. JOSIANE says:

        la pauvre,….elle n’aura jamais connu le bonheur,la joie de vivre,l’ombre qui vivait sur son visage….il ne reflète que de la tristesse et son regard….dire que des personnes le savaient,personne n’est venu a son secours,n’avoir personne a qui se confier,à qui en parler,subir toute sa vie…..et sa maman????

  5. christelle77 says:

    L’âme humaine est étrange parfois. Pourquoi se suicider à 60 ans au moment où son bourreau de père vit sûrement ses dernières années ? Est-ce qu’on s’habitue tellement à n’être qu’une victime qu’il n’est pas possible d’envisager la future liberté qui arrivera lorsque le « geôlier » ne sera plus ?

  6. Tatiemomo says:

    Terrible! c est le mot qui me vient en lisant les vôtres! Personne n a bougé, personne n est venu en aide ! Une solitude, une indifférence qui fait que l on se croit coupable . Le regard est troublant et c est dans le regard que l on devine la détresse, le tourment alors que ce visage buriné, ridé , cette coiffe donnent une impression de sagesse, c’ est comme si elle avait voulu se faire une carapace pour ne pas trahir ses plus sombres secrets. Une photo peut dire beaucoup…impressionnant et révoltant aussi devant la noirceur des êtres! Brrr, cela donne le frison !

    coupable

  7. Amelie says:

    c’est une histoire bien triste… , et puis comme une fois vous disiez Sabine :  » un enfant blessé , reste un adulte blessé  »
    Et oui , la douleur et les souvenirs demeurent toujours avec le temps , sauf si un travail est fait pour comprendre et de l’atténuer.
    Pas facile de se reconstruire pour une personne comme Yolande .
    Alors que tout voisin, est sensé apporter assistance en personne en danger , sinon cela peut se retourner contre eux !!

  8. sonia says:

    je comprends qu elle est voulu abreger ses souffrances,et j espere qu elle est aujourd’hui soulagée la ou elle est.. mais je n ai pas bien compris si c est le cas..

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