Les chroniques de Sabine….J3 Noordhoek.

Noordhoek est un village qui date de 1743, peuplé essentiellement par des agriculteurs afin de ravitailler les navigateurs du port de Simon’s town. Caché entre mer et montagnes, il bénéficie d’une large plage de sable fin qui s’étend jusqu’à Kommetjie.

Laissez moi vous guider dans l’ambiance sonore d’un rivage exotique aux senteurs iodées.

Ce matin le ciel est haut et gris, derrière la dune, l’océan nimbé de brume gronde, la houle charrie une eau bleue bordée d’écume. Les vagues avec rage claquent, les rouleaux se soulèvent et s’abattent les uns derrière les autres.

Des chiens aboient en courant après une mouette, des chevaux en couple galopent en lisière des vagues.

La plage déroule son écharpe de dentelle à perte de vue, des boules d’écume volent dans le vent et courent  sur le sable.

Des averses de lumière se sont glissées  entre les nuages et font briller l’océan, le vent souffle à perdre haleine jusqu’à un long silence, à peine troublé par le bruit sourd de mes pieds dans le sable mouillé, se trouve là échouée au milieu de nulle part l’épave du Kakapo,plongée dans le silence propre à cet endroit où aucun chemin ne mène, des images remontent alors telles les ombres de certains rêves…

maintenant que vous y êtes, je vous invite à imaginer une suite…j’ai hâte de vous lire.

à demain.

 

37 Commentaires
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37 Commentaires

  1. DANY says:

    Je voyage avec vous . On s’y croirait tellement vous nous racontez votre ressenti . Les bruits , les paysages etc .. la photo d’aujourd’hui est superbe ..ça donne envi . ça fait rêver .
    A bientôt …

  2. Lili says:

    Petite session de rattrapage pour moi sur les 3 dernières chroniques !
    Je suis heureuse car j’ai cru comprendre que la mélancolie n’est plus, que l’on va avoir la chance et privilège de lire votre dernier livre bientôt publié. Well done quand on a une petite idée de par son entourage de la difficulté d’être édité, c’est dire ! Joie !
    Et puis, vous avez la générosité de nous faire partager vos émotions de voyage, de nous faire ressentir l’ambiance de ce qui vous entoure, ce qui vous porte. Vous parvenez à mettre nos 5 sens en émoi.
    Je m’abstiendrai d’écrire une suite car je n’ai ni inspiration ni talent. Mais je sens que de cette épave, évoquée déjà me semble-t-il lors de votre carnet de voyage sur l’Afrique du Sud il y a un an, vont en sortir de terribles sensations…
    Je vous lis. Merci aux « blogueurs-écrivains
    Merci à vous Sabine

    1. Sabine Thierry says:

      Que veut dire le talent…merci Lili de noircir malgré tout ce petit espace de vos mots chaleureux.
      Là dans l’écriture du prochain manuscrit, je manque presque de temps…

    1. Sabine Thierry says:

      Je suis certaine que vous ferez un petit effort, il suffit parfois de quelques lignes, inutile d’écrire un roman.
      Merci quoiqu’il en soit…d’être là.

  3. Christelle77 says:

    Vue du ciel, cette épave est semblable au squelette d’une baleine ou d’un dinosaure des temps anciens ou telle les murets d’une maison romaine déterrée par l’homme comme trace d’une civilisation disparue, presqu’irréelle. On la contemple tel un vestige antique en disant : « Quelle beauté que la nature l’ait conservée intacte jusqu’à nous ! ».
    Pourtant, plus on s’approche de cette ruine, plus les images se font claires, plus l’humanité qui accompagne ce bateau vous serre à la gorge et plus vous vous apercevez qu’un jour, il n’y a pas si longtemps, un drame s’est joué sur cette plage aujourd’hui si paisible, si lumineuse, au sable si immaculé et doux. Le gros moteur rouillée nous renvoie aux bateaux à vapeur du 19e siècle, chargés de convoyer les marchandises par le biais de la mer, en un temps où les routes terrestres n’existaient pas. Le kakapo, on aurait pu le nommer aussi « Le messie », parce que les habitants de cette région du Cap l’attendaient avec ferveur ! Pour eux qui vivaient tout au bout de l’Afrique, dans une zone reculée, le Kakapo apportait le mil qui nourrirait des familles entières pour plusieurs mois, les épices qui rendraient un peu plus joyeuse la triste nourriture, les fruits dont ils étaient privés par la sécheresse. Le kakapo, en somme, apportait la vie. Chaque arrivée du bateau était fêtée pendant plusieurs jours. Tout le monde venait aider au déchargement des denrées, on riait, on chantait, on dansait, on remerciait dignement les Dieux tant aimés et priés pour cette corne d’abondance…

    Mais un jour, alors qu’une tempête venait de faire rage quelques jours auparavant, le Kakapo n’arriva pas. 1 semaine, 2 semaines… la famine s’installait peu à peu. 3 semaines, un mois, les tensions étaient exacerbées pour récupérer les quelques restes du précédent déchargement. La mort faisait des ravages chaque jour, si bien que tous les villageois des alentours décidèrent d’arpenter la cote, espérant trouver le bateau un peu plus loin. Ils parcoururent des centaines de kilomètres, jusqu’à une ville nommée Kommetjie. Epuisés, pour ceux qui étaient encore en vie, ils aperçurent au loin, comme un mirage, ce bateau tant attendu ! Ils se mirent à courir, utilisant leurs dernières forces vers ce qui redonnerait la vie à leur village. Mais parfois, la loi du ciel est impitoyable. Lorsqu’ils arrivèrent, il ne restait que la carcasse rouillée, quelques planches de bois et des lambeaux humains. Quant aux vivres, elles n’étaient que pourriture.
    Alors, face à cette vision prémonitoire de leur mort prochaine, il ne resta plus à ces milliers de gens que la force de pleurer. Leurs larmes, tels des cristaux, se mirent à couleur de leurs yeux. Et ces innombrables torrents qui coulèrent le long de leurs joues salées se fossilisèrent au sol, formant cette plage de sable blanc que l’on admire tant aujourd’hui.

    Une sage a dit, un jour, qu’à Kommetjie, le vent ressemblait à un pardon. C’est vrai… Ce pardon, c’est celui imploré depuis ce jour par les Dieux aux âmes abandonnées de ce petit bout du monde.

    1. Christelle77 says:

      Bon… mon histoire est un peu tirée par les cheveux à la relecture ! … parce que je viens de me rendre compte qu’en fait, quand on vit au bord de la mer, on peut manger du poisson ! J’en mange tellement peu que j’avais oublié !!! … Bref, il faut imaginer que les peuples de mon histoire vivent au milieu de nulle part loin de la mer et du commerce ! Sinon, c’est un peu couillon…

  4. Nurse 24 says:

    La vie, ce n’est pas que respirer, c’est aussi avoir le souffle coupé…
    Sublime récit, comme ceux précédemment … j’en ai le souffle coupé comme vous face à cet endroit…la nature est si belle.
    Belle parce que, contrairement à l’Homme, elle ne triche pas, elle donne tout simplement.
    Il vaut mieux des silences qui en disent long, comme ce que vous décrivez, que des mots dont je n’ai pas la verve…
    Je vous laisse donc le soin d’éblouir ce blog.
    Tendrement.
    Une Nurse au souffle coupé

  5. Nam says:

    :-). Christelle, en tous les cas c’était bien écrit, même qu’en vous lisant, j’en ai oublié de publier la mienne suite! lol
    J’attends aussi la suite de Sabine.
    Je serai le petit œil en haut du Slanghkop pour voir de loin!

  6. sylvie méditerranée says:

    Je ferme les yeux…..Puis me voilà sur ce beau cheval blanc galopant sur le sable fin à perdre haleine de Simon’s town en direction Kommetjie.
    La mer forme des rouleaux immenses…
    Je me sens transporté par le charme , et l’exotisme de ce lieux mystique et aux senteurs de nulle part ailleurs…..
    Tandis que le vent fait danser les vagues plus loin j’aperçois une épave qui me semble endormie depuis des décennies autour de celle ci Dame nature a l’air d’avoir pris possession de cet ancien bateau…
    Puis tout doucement je m’éveil ….Et me sens légère et apaiser…… De ce voyage dans le temps……
    Alors il me tarde demain pour continuer ma balade et m’ouvrir vers ces beaux horizons….

  7. Sabrina PO says:

    Les images remontent alors telles des ombres de certains rêves…
    Le Kakapo bateau à vapeur charge les cargaisons de fruits et légumes pour approvisionner les règions avoisinantes.
    Telles des abeilles dans la ruche , tout le monde travail avec bonne humeur et entrain.
    Le soleil se lève à l’horizon et une nuée d’oiseaux peint le ciel de ses couleurs vives ..
    L’Afrique… Une étrange sensation.. comme si elle faisait partie de moi et qu’elle m’était familière…
    Le besoin de me mélanger à ses habitants, sa nature d’une beauté lointaine m’est nécessaire pour me ressourcer et même lorsque je suis à des milliers de kilomètres de ce lieu, je garde les empreintes dans ma mémoire de ce berceau du monde, de cette Afrique que j’ai foulé de mes pas.

    Bravo pour toutes les suites qui sont toujours un plaisir à lire.

  8. matelot says:

    Je m’approche de ce qu’il reste du navire,pose une main sur l’épave et ferme les yeux.

    Retour brutal dans le passé. Me voilà sur le pont du navire,au beau milieu d’une tempete. La pluie diluvienne,et un vent violent fouettent mon visage. J’entends des cris,ce sont ceux du capitaine,qui tente en vain de donner ses ordres. Il se tient debout à la barre de son vaisseau,coute que coute il brave l’océan déchaîné. C’est son rôle sa responsabilité. Alors que je ressens la peur de l’équipage,que je peux lire l’effroi sur les visages,j’aperçois accroché au bastingage,un jeune mousse. Ce voyage est son premier. Enrôlé depuis quelques mois,il est terrorisé,paralysé par la peur. Alors qu’il a tout juste 16 ans,il sent la mort qui s’approche. Revient à lui,le souvenir de sa campagne,de son foyer,quitté par obligation,pour soit disant faire de lui un homme.Mais c’est bien le manque de travail et d’argent qui l’ont poussé à embarquer.
    Des larmes lourdes coulent sur ses joues violacées par la tempête. Je peux entendre ses cris sourds de terreur. Et je ne peux rien,je suis spectatrice du passé,je ne peux lui dire que son navire va s’échouer,mais que la totalité de l’équipage va survivre.
    La nausée m’envahit…
    Le galop du cheval sur la plage me ramène à ce jour de janvier 2019.
    Le calme est revenu,plus de tempête,juste cette épave devant moi.
    Je lève les yeux au ciel,comme pour y trouver un peu de réconfort et retrouver ma place ici et maintenant.
    C’est alors que,venu de nul part,un kakapo,vient se poser sur mon épaule…
    Le petit mousse peut-etre!

  9. Sonia M says:

    Au beau milieu des restes de cette épave que des averses de lumière éblouissent, elle est prise de vertige. ….
    Des trombes d eau s abattent sur elle, le soleil disparut, laisse place à un ciel noir, parsemé d éclairs. ..
    La tempête est là !
    Le vent hurle, elle scrute l horizon…
    impossible d apercevoir le Kakapo !
    Seuls les cris de l équipage lui parviennent !
    Là bas, au loin sur le bateau, des hommes pris au piège , jetés de droite à gauche parmi les tonneaux et les caisses de ravitaillement.
    Sans perdre espoir, ils tentent de tenir tête à la tempête !

    Au milieu de ce chaos, elle se met à genou et supplie. …supplie pour que tous ces hommes arrivent à bon port.

    C est sans doute oublié que Dame Nature est seul maître dans ce monde !

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