Les Chroniques de Sabine…no 15.

L’espoir est mauvais conseiller, le désespoir aussi.

Il lui reste aujourd’hui ses rides et ses souvenirs.

Elle fait de ce livre un tombeau où désormais reposeront ses amours chagrins.

Elle se souvient de la jeune fille qu’elle était, au bord de l’effacement.

Elle se souvient des yeux mouillés,

après les pleurs,

ceux qui viennent du ventre, qui ne font pas de bruit et qu’aucun pansement ne peut sécher.

Elle se souvient de l’innocence perdue, d’un long chemin et du réveil.

Il lui fallait faire des efforts pour sortir de ce trou noir,

pour ne plus paraître sinistre,

réapprendre à apprivoiser l’ennui, la solitude,

croire encore une fois que l’inconnu peut être agréable et accepter qu’il est parti,

pour se fabriquer des souvenirs sans elle.

Regarder le temps qui glisse entre ses doigts avait quelque chose d’angoissant,

il y avait la peur du vide.

Faire taire ses inquiétudes et,

un peu comme le dernier sursaut des mourants,

rêver  des turbulences du quotidien, des lendemains qui se préparent avec soin.

Pour oublier la douleur et l’envie de mourir,

elle buvait un verre puis deux et pourquoi pas trois,

l’ivresse c’est l’endroit où vont ceux qui ne veulent être nulle part.

C’est l’endroit où on peut mourir un peu mais pas tout à fait.

 

 

 

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  1. Sabrina PO says:

    « Elle se souvient des yeux mouillés, après les pleurs, ceux qui viennent du ventre qui ne font pas de bruit et qu’aucun pansement ne peut sécher »…
    J’aime vos mots , forts et qui touchent droit dans le mille que l’on ressent ..et pas forcément pour une rupture amoureuse mais pour d’autres séparations ou deuil .
    Un très beau récit. superbe, très loin d’être sinistre , tellement il est plein de poésie douce et de vérité.
    Je ne suis pas très éloquente mais on texte qui me parle tellement… Merci pour cette suite magnifique .

  2. Josiane says:

    vos mots font penser à une renaissance après la mort…….pour oublier,un verre,deux,puis trois,ca permet sans doute d’oublier,vs le decrivez si bien ds les dernières phrases mais bon il vaut mieux que ca reste occasionnel…comme vs dites souvent « apres la pluie,vient le beau temps » du moins c’est ce qu’on souhaite à cette jeune fille

  3. Nurse 24 says:

    Et moi Sabine, je suis ivre de vos mots et me laisse enivrée par votre poésie, une description d’une renaissance qui reste encore fragile. C’est magnifique, chaque jour je reste éblouie et surprise par vos écrits.
    Comme vous avez raison, l’espoir est mauvais conseiller. Il doit rester juste un élan pour regarder droit devant comme un chemin à sens unique et non comme une idée du genre de vie que l’on aura. J’avais évoqué le fait qu’il ne fallait pas être pressé de tout comprendre, d’apprécier l’inconnu et de se laisser surprendre par la vie. Alors que je vois que vous souligner ceci en écrivant « croire encore une fois que l’inconnu peut être agréable et accepter qu’il est parti », je souris! Biensur que c’est agréable. J’aime être surprise et c’est tellement plus enrichissant que de tout prévoir ou tout attendre. Attendre quoi d’ailleurs ? Si on s’occupait d’abord du présent et ne pas en perdre une miette. Vous dressez le portrait d’une jeune femme qui accepte enfin l’évidence pour pouvoir comme vous le dites préparer ses lendemains avec soin car elle y va étape par étape, au jour le jour, elle décortique sa vie par l’écrit qui selon moi est un exutoire dès plus libérateur. Parce qu’elle a compris que l’angoisse est mortelle, on sent bien qu’elle veut vivre. Ne dit on pas être au fond du seau pour pouvoir mieux aborder l’élan et remonter. Elle n’est pas tout à fait remise puisque boire reste pour elle « l’endroit où vont ceux qui ne veulent être nulle part ». Elle est encore perdue mais on sent les prémices d’une nouvelle ère dans sa quête de vérité.
    L’inconnu est risqué mais si bon à vivre qu’on s’en découvre parfois dérouté, on ose imaginer à quel point on peut se démasquer, justement enlever ce masque pour en dégager la vérité et respirer. Voilà ce que à quoi cette femme tend à…..La quête de l’inconnu est un stimulus.
    La peur de subir l’échec, la répugnance à essayer l’inconnu sont se voiler la face, c’est s’interdire de vivre libre.
    Je lui souhaite de retourner dans cet entrain du présent pour plonger dans un inconnu où le bonheur y est souvent caché. Ses larmes disparaissent pour lui rendre la vue !
    J’aime cette réalité Sabine car elle touche de près ou de loin n’importe qui.
    Nous sommes tous vulnérables et accepter qu’il en soit ainsi…
    Vive la vie, l’amour, la vérité, la liberté et vive les bleus…CHAMMMMPIIIOOOOONNNN DU MOOONNNDEEEE !!!!! 💪

      1. Nurse 24 says:

        Ouiiiiiiiiii !!!!! Et c’est dailleurs super que vous puissiez raconter toutes ces étapes une à une , à chacune son cheminement et de ce qu’il y’a de bon à en retirer. La patience mène toujours quelque part! Merci à vous

  4. Sabrina PO says:

    Je voulais encore réagir par rapport au texte donc à ce qu’il contient..
    Il y a une jeune femme que je connais très bien… pour qui vivre aujourd’hui est un combat..
    d’une beauté et d’un caractère sauvage elle avait le monde dans le creux de ses mains, avec dans le coeur une grande générosité .
    Ses amours et les êtres disparus auxquels elle tenait tant ont mis son cœur en lambeaux .
    Pour oublier, elle s’abîme tant elle cherche désespérément à ne plus ressentir la douleur.
    Elle aussi côtoie souvent ce nulle part… » pour mourir un peu.. mais pas tout à fait » .. et je me demande si ce n’est pas pire ..

    1. Sabrina PO says:

      Car j’aimerai tant la voir heureuse et sourire à la vie… comme avant ..
      La chronique d’aujourd’hui m’a amené à penser à cette personne .
      Vos textes nous amènent toujours au questionnement et à la réflexion pour notre plus grand bien.

      1. Sabrina PO says:

        Si vous le dites Sabine, c’est que vous le savez..
        Oui pour la volonté… quant à l’amour propre il doit être dans le respect de soi même et des autres..
        Moi même je ne suis pas parfaite loin de là et je médite sur tout cela pour comprendre et être meilleure…sans tendre l’autre joue.

  5. Christelle77 says:

    C’est terrible cet « endroit où vont ceux qui ne veulent être nulle part ». On a l’impression que vivre en se coltinant la réalité est trop difficile… mais mourir aussi. Alors l’ivresse semble être cet autre monde qui permet de s’oublier, tout en se laissant la chance de remonter la pente. Mais l’essentiel est que votre héroïne vivra sa résilience, grâce à l’écriture de son livre. « Ecrire pour ne pas mourir » chantait Anne Sylvestre. Quelle bénédiction que l’art puisse être salvateur ! Et pauvres sont les humains qui l’éradiquent de leur vie !
    Vivement la suite !

  6. chantal11 says:

    Vos chroniques sont semblables au calendrier de l’avent
    Chaque jour, une nouvelle surprise attend derrière la fenêtre
    Vivement la prochaine
    Une écriture et ses récits captivants, à force de vivre dans l’espérance, on meurt dans le désespoir
    j’aime décrypter vos messages

  7. Lili says:

    Moi j’aime l’intro « L’espoir est mauvais conseiller, le désespoir aussi ». Idéalement, il faudrait rester lucide, sachant que la lucidité est la perception que chacun en a par rapport à lui-même, donc parvient-on à rester totalement lucide ?!
    L’amour, la plus cruelle et la plus nécessaire des émotions. Dès notre venue au monde, nous sommes marqués par l’amour de nos parents, puis l’amour de celles et ceux que nous allons rencontrer tout au long de notre vie.
    Si tout le monde avait l’amour, il n’y aurait plus de guerre…

  8. sylvie méditerranée says:

    Son parcourt ,me fait pensée aux personnes qui se jettent à l’élastique des hauteurs vertigineuses…………..
    Il faut apprivoiser ….la peur , la solitude , l’ivresse des risques ,et laisser le temps glissé……….
    Essayer de ne pas mourir……

  9. Vérobiarritz says:

    Une citation à publier sur EVENE ! « L’ivresse c’est l’endroit où vont ceux qui ne veulent être nulle part. » … ouachhhh quel jeu de mots …

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