Les Chroniques de Sabine…no 7.

ELLE,

Elle vit dans une belle maison,

elle a un beau mari et de beaux enfants.

Ils rentrent le soir, suspendent  leurs vêtements à une patère,

et s’embrassent sur la joue.

L’intérieur est encombré d’œuvres d’art et d’antiquités diverses,

au sol des tapis tissés à la main réchauffent les parquets cirés.

Ils ont quarante ans.

Sous la lumière crue de la rampe fluorescente, ses cernes à elle sont plus sombres que jamais.

Un jour ou peut-être une nuit,

dans la pénombre du crépuscule,

la lumière du jour a inondé son cœur,

l’écume des jours a laissé la place à la promesse de l’aube.

Il faut qu’elle sorte seule d’une  convalescence pour revenir  du côté des vivants.

Son inconscient a effacé les souvenirs ou les a édulcoré,

elle n’est pas malheureuse mais,

elle n’est pas heureuse non plus,

c’est une femme tout simplement frappée par l’évidence,

une femme en quête désespérée de sentiments vrais qui va s’abandonner enfin,

à vivre.

C’est l’histoire vraie  d’une femme courageuse qui ne quitte ni pour un autre, ni parce qu’elle est malheureuse,

elle a embrassé tous les aspects de la réalité et elle ne se trouve pas d’excuses.

C’est un esprit tranquille qui n’est ni borgne, ni aveugle,

c’est une femme sans passé qui décide aujourd’hui seule,

de s’inventer un avenir.

 

 

 

 

 

 

 

et l’écume des jours n’a pas effacé la promesse de l’aube.

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60 Commentaires

  1. Rabia says:

    La photo m’interpelle.
    Une ligne droite sans destination, l’inconnu.
    Mais la lumière au bout et une nouvelle vie choisie car elle est consciente de ce qu elle est et de ce qu’elle vit.
    Je me retrouve beaucoup dans vos phrases.

  2. Anne64 says:

    Ce texte me touche, je ne saurais trop expliquer pourquoi mais il me touche. La phrase «il faut qu’ elle sorte seule d’une convalescence pour revenir du côté des vivants»., m’interpelle, elle me parle même si je cherche comment verbaliser le pourquoi. Je reviendrai donc un peu plus tard…

      1. Anne64 says:

        Je pense que ce que je perçois dans cette phrase, c’est la nécessité de sortir d’un état où finalement le mot vivre ne s’exprime pas à sa juste valeur. Ne pas se contenter de survivre mais vivre pleinement, à fond. Ne pas rester dans la demi teinte entre pas malheureuse mais pas heureuse non plus.
        Vous écrivez que cette femme a inconsciemment effacé les souvenirs. Elle a donc vécu quelque chose qui l’a marquée ?

        1. Sabine Thierry says:

          elle s’est enfermée toute seule dans un quotidien et a oublié ce que c’est que de vivre pour elle.
          Elle ne se plaint de rien, elle assume seule son choix, celui de se donner une nouvelle naissance.

          1. Sabine Thierry says:

            j’ai employé le mot convalescence à bon escient,
            il est là pour bien appuyer sur la certitude qu’elle n’est pas malheureuse.
            N’hésitez pas à relire et à commenter, vos réflexions m’intéressent.

          2. Anne64 says:

            Le choix de se donner une nouvelle naissance, c’est beau. Elle va plonger dans une nouvelle vie, c’est comme un nouveau départ. Je trouve cette femme finalement bien vivante. Comme si elle sortait d’une vie en sommeil pour maintenant vivre de façon bien éveillée et profiter de tout.

          3. Sabine Thierry says:

            complètement. C’est un texte très positif que certains d’entre vous ont voulu plus noir qu’il ne l’est.
            Comme quoi notre vision des choses nous éclaire bien sur notre âme …

          4. Sabine Thierry says:

            Plonger c’est trop violent, quand on plonge, on se prépare et puis il y a de la fougue, du courage dans le plongeon …de la préparation.
            Non , comme j’ai écrit à Domino, c’est un doux réveil après un doux ensommeillement.
            Un peu la belle au bois dormant sans le baiser du prince.

  3. Nam says:

    :-). J’attends l’analyse de Professeur Christelle. Beau texte. Il me laisse en pleines réflexions car je ne comprends pas bien ce qu’il se passe dans la vie de cette femme.

  4. Tatiemomo says:

    Cette femme après avoir vécu une vie sans doute des plus classiques, mari enfants, choisit,
    parce qu’ il lui manque ce qui fait pétiller ses yeux et son coeur , parce ce qu il lui manque ce petit supplément d âme qui fait la différence, de partir ,de prendre la route pour aller là où elle doit aller. Elle sait que la route sera longue mais c’est écrit , elle ne peut pas continuer à faire semblant. Cette longue route droite va vers un infini, un Inconnu, vers la liberté …Celle d être elle même !

  5. GUYBKK says:

    Il y aune phrase qui me rappelle une vieille chanson « Un jour ou peut-être une nuit » , L’aigle noir de Barbara .
    On connait la triste histoire de Barbara ,donc peut être un chose ancienne qui avait détruit sa vie et qui l’empêche de vivre une vie normale . Ayant eu un passé impossible à effacer ,elle préfère vivre seule .

      1. GUYBKK says:

        Merci , il y a des phrases dans les chansons qui restent gravées dans nos esprit et quand on les lit , il se passe quelque chose en nous

  6. Amelie says:

    mon avis personnel me fait penser que , même si l’on peut avoir ( la maison , un mari , une femme , et bien d’autres choses , et la  »routine  » de la vie ,

    Finalement , les épreuves de la vie , surtout de la santé , nous recentre , nous apprend à se connaitre au plus profond de soi , à apprivoiser les aléas de la maladie et de la souffrance si il y en a .

    Et le courage , n’est pas donné à tout le mode que de ne pas se plaindre et surtout de vouloir voir d’autres horizons , « chapeau bas  » pour cette personne de s’accrocher en l’avenir

    1. Sabine Thierry says:

      Elle n’a pas eu besoin d’être recentrée,nulle part je n’ai fait allusion au drame ou à la maladie…les cernes bleues sous les yeux c’est comme un clin d’œil au temps qui passe, vite,
      et on ne s’en aperçoit pas!
      Pas vrai qu’elle vous fait rêver ma petite Amélie…

      1. Amelie says:

        Oui ,votre texte est tout à fait positif , car il est vrai que cela n’est pas donné à tout le monde de ne pas se plaindre quand l’on doit surmonter un problème de santé .
        Et je me souviens quand vous m’aviez dit une fois , que face à la maladie , l’on est seul à vouloir la combattre , seul à y faire face , car c’est avec notre corps , notre tête , notre volonté et notre courage et notre caractère aussi .

  7. Lili says:

    La photo est superbe, ça donne envie de rouler seule dans la nuit jusqu’au petit matin ; ça me rappelle la traversée de l’Espagne enfant…
    Parce que je n’ai pas la sagesse que seule Sabine peut avoir, mon commentaire ici va être déformé par ma propre expérience…
    J’ai le sentiment qu’Elle s’est laissée porter par la vie, par les autres, comme si les autres avaient décidé de tout à sa place.

    « ..dans la pénombre du crépuscule,
    la lumière du jour a inondé son cœur,
    l’écume des jours a laissé la place à la promesse de l’aube. »
    J’aime ce jeux d’oppositions et ce style que vous maniez tellement bien…

    « Il faut qu’elle sorte seule d’une convalescence pour revenir du côté des vivants.
    Son inconscient a effacé les souvenirs ou les a édulcoré, »
    Elle aurait pu mourir, elle a choisi la vie et choisi d’alléger son passé pour mieux revenir à la vie…

    « c’est une femme sans passé qui décide aujourd’hui seule,
    de s’inventer un avenir. »
    C’est comme si ELLE parvenait à effacer son passé et naissait à la quarantaine !
    Ah, la quarantaine, heure de tous les bilans !!

    ELLE semble paisible, sereine, tout semble simple…
    Le texte est toujours aussi poétique, on en ressent de la douceur, aucune peine, aucune souffrance, aucun doute. On l’envierait presque…
    Superbe Sabine, continuez à nous émouvoir et publiez vite votre livre de nouvelles, on va se régaler et en faire profiter autour de nous…

      1. Lili says:

        Nurse a raison…
        Aller, humour : mon mari n’était pas beau et je suis amblyope ! C’est un peu édulcoré non ?!
        Bon, plaisanterie à part, ça me touche, une fois de plus…et ça fait du bien, je reste déterminée et la vie amènera ce qu’elle doit amener, j’accepterais la sentence aussi pénible soit elle.
        Moi, cette route vers le sud me donne envie même si je sais qu’il me faudra avoir un paquet de kleenex à portée de main !
        Aller, on continue, on avance, je suis une nantie dans ce monde si rude pour bien des peuples ! Je n’ai pas le droit de me plaindre…
        MERCI SABINE, vous êtes une étoile qui brille dans la nuit, une fée…

        1. Christelle77 says:

          Peut-être qu’il faudra des kleenex… mais il y aura aussi sûrement des sangrias, de la bonne musique, des rires, du soleil, bref, de la vie !

  8. michel says:

    bonjour sabine , la photo ma interpellait car je vois cette route immense ou le voyage ne finie pas. Beau texte que dire déçus , je ne sais pas trop et j’ai lu les commentaires .Elle recherche peut-être un endroit pour se sentir en liberté et aller voyager sans contrainte.quel Age, elle a, j’essaye de deviner par rapport au texte pour essayer de comprendre sa recherche et elle veut peut-être changer de look, redevenir coquette et construire autre chose.je sais pas quoi penser de ces phrases, de son vécue, mes j’adore lire tout ça.

    1. Sabine Thierry says:

      Tout est écrit Michel et elle ne veut rien sinon la liberté!J’aime beaucoup vous lire, une vraie sensibilité au travers de vos commentaires!

  9. Domino says:

    Elle sait ce qu’elle ne veut plus, c’est-à-dire cette vie « tiède », ni heureuse, ni malheureuse, enfermée dans sa routine. Elle est un peu comme dans le brouillard, et décide d’en sortir pour vivre des choses qui la réveilleront. Ou en tout cas qui réveilleront ses sens endormis ….
    C’est ce que je comprends.

    1. Sabine Thierry says:

      elle se réveille tout simplement, pas de douleur…une évidence, celle de vivre autrement et peu importe comment puisqu’elle a la foi.

  10. Nurse 24 says:

    Comme je comprends cette sensation de n’être ni heureuse ni malheureuse, comme le cul entre deux chaises…sensation vivable mais si nébuleuse.
    Et puis, sans savoir ni pourquoi ni quand ni comment, le réveil sonne.
    Une évidence qui frappe à la porte, et quand vous l’ouvrez, la lumière vous éblouit
    Celle qui vous rend épanouie d’avoir enfin ouvert les yeux
    Se sentir prête à….
    « c’est une femme tout simplement frappée par l’évidence, une femme en quête désespérée de sentiments vrais qui va s’abandonner enfin,
    à vivre. »…tout est dit! Suppléé par une photo si magnifique, l’écume des jours comme un appel à l’infini
    Pas besoin de vivre ni de comprendre le genre de vie que possède cette femme pour conclure l’idée qu’ il y a un temps pour tout, il n’est jamais trop tard pour accomplir sa destinée.
    Être soi même sans vergogne c’est vivre, peu importe le temps qui passe
    De cette manière, c’est être en adéquation totale, mieux…en extase de respirer l’air et d’être caressée par le vent de la liberté.
    Parce qu’être soi même c’est être libre et c’est orgasmique!
    Sabine, vous savez toujours réveiller en chacun d’entre nous, peu importe les expériences et le vécu de chacun, des émotions et un regard sur le chemin accompli.
    Sabine, une magicienne d’âme et d’esprit
    Parce que ça fait un bien fou de regarder dans le rétroviseur et d’être fière du chemin accompli, vivement demain…
    Les larmes aux yeux, MERCI

  11. kittie says:

    je pense qu el a bp pense aux autres ;el a pb donne parce que c est ce qu elle voulait et el s est completement oubliee .elle ne vivait qu a travers les autres.un jour elle a du se pincer et realiser qu elle n etait pas un robot mais bien un etre humain et elle se reveille tout doucement et regarde l horizon plein d espoir .

  12. Carole says:

    Qu’est ce qui fait qu’à un moment alors que l’on est ni heureuse ni malheureuse, on décide de faire le pas et de vouloir autre chose.
    Grand mystère propre à chacun.
    Certains se réveillent, d’autres pas.
    Cela doit être comme une évidence.
    Pas facile car on perd un confort pour l’inconnu.
    Grande force de caractère ou tout simplement pas le choix de faire autrement. Je pencherai plutôt pour cette version.

  13. Chantal says:

    Que je ressens cette femme qui n est pas bien mais qui n est pas mal…mais j ai l impression qu elle ronronne tout continue dans son petit monde attention si elle s éveille ca risque de changer et ses cernes reprendre de la couleur de l envie et de la vie. J ai connu cela et un beau jour j ai tout quitté avec mes enfants et un nouveau chéri qui m a fait briller les yeux…et voir l aube d une nouvelle jeunesse

  14. isabelle D says:

    Ce texte m’a interpellé et me fait sortir de ma réserve. Cette femme a envie de liberté et de plénitude. Pour vivre passionnément, il faut faire des choix. Elle a tout à y gagner car que risque t elle de perdre sinon le matériel ? Et le matériel n’est rien pour une passionnée. Par contre si elle ne risque rien, elle aura des regrets jusqu’à son dernier souffle et ça elle le sait.

  15. Christelle77 says:

    Souvent, vous nous dites que pour être heureux, il faut parvenir à trouver notre place. On a vraiment la sensation ici que c’est ce qui arrive à cette femme. Elle a un matin ouvert les yeux pour s’apercevoir qu’elle n’était finalement pas à sa place et que vivre tout le reste de sa vie ainsi, ce n’était pas pensable. Alors il ne lui reste plus qu’à se mettre en route, tranquillement, pour trouver ce et ceux qui la rendront pleinement heureuse et comblée. C’est d’autant plus courageux qu’elle n’est pas toute seule, qu’il y a des enfants ! … C’est marrant, ça me rappelle une pétillante brune dont le surnom est emprunté à sa fille et qui est un des piliers de ce blog ! Quand on connaît cette femme, quand on connait sa peine de ne pas être à sa place, de ne pas être aux côtés de celui qui la comblera, on ne peut que lui dire de foncer, de partir, d’aller chercher son grand amour ! Parce qu’elle le mérite ! Et puis quand elle l’aura trouvé, son bonheur rejaillira forcément sur les autres, et sur ses enfants en particulier ! Alors tout ira bien, tout sera à sa place.

    Quoiqu’il en soit, cette chronique montre bien que l’on ne change pas toujours de vie à cause des autres… mais juste pour soi. Il est bon d’être parfois un peu égoïste pour ne pas finir par détester tout le monde et devenir soi-même détestable !
    Et puis quelle photo !! J’adore rouler le soir quand le soleil se couche et qu’il n’y a pas grand monde sur la route. On a la sensation que le monde vous appartient et qu’il est si paisible ! Je ne sais pas si c’est pour elle que tout cela est écrit, mais je lui dit quand même : vas-y Lili, le monde t’appartient et la vie est belle !

  16. Laurence says:

    La mélancolie ne se commande pas, c’est une histoire de connexions neurologiques qui ne se font pas ou de molécules qui ne se fabriquent pas, et sûrement liée à nos vies antérieures ? En tout cas cela concerne tout le monde. Pourquoi certaines personnes qui ont vécu le pire arrivent à le surmonter? A cause des molécules?
    En tout cas des jolis mots Sabine, comme toujours.

  17. Sonia M says:

    Il y a quelques années j’ai tout plaqué et je suis parti ailleurs avec mes enfants comme seul bagage.
    J’ai refait les mêmes erreurs mais ailleurs avec un autre.
    Depuis quelques années je vis avec et pour mes enfants.
    Mais depuis peu j ai envie de vivre egoistement pour moi. ….d abord !
    J y vais à tâtons ….Je n oublie pas que je suis une adolescente que tout emotionne ,boulverse ,effraye. …😉
    Elle me plaît beaucoup votre « Lili « .
    J aime votre écriture toutes les émotions que vous y faites passer .
    Même si je ne participe pas beaucoup je suis « fan « de ce blog.
    Bon week end à tous ! 😊

  18. marie-helene40 says:

    vers l’age de la quarantaine, on est beaucoup a s’ être installé dans une routine de vie ( boulot, famille, amis, sorties..) Certains y trouvent un excellent équilibre et d’autres commencent à faire des bilans..
    .je trouve cette personne trés sereine et déterminée..ni regrets, ni remords…..elle a trés bien compris que son passé lui a servi à se construire, mais elle veut maintenant construire son propre avenir…..je lui souhaite beaucoup de passion et de plaisirs, et très bel épanouissement dans la suite de son parcours…
    Nous avons fait ce choix, mon ex et moi, à 50 ans….pour que chacun puisse s’épanouir dans le reste de notre vie…

  19. chantal11 says:

    Un début de journée qui commence bien avec cette page
    noircie de bien jolis mots,de réflexion, de réalité, de vérité
    Une photo qui nous transporte vers l’inconnu,son coucher de soleil qui
    nous fait prendre conscience que la ren aissance est de l’autre côté

  20. caroline sabalette says:

    Cette chronique me parle tellement…

    je n’ai pas encore la quarantaine ( ça viendra! ), ce personnage me parle comme évidence,

    prendre conscience de beaucoup de choses…

    des « leçons » ou pas de la vie… ou alors parlons peut être de maturité….

    et prendre tout simplement conscience d’être heureuse dans la vie….

    Milesker de vos écrits qui me touchent, qui me parlent…..

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