Les écrits de Virginia Townson…

Janvier 1967.

Il est onze heures…

Je suis assise à l’arrière dans la dauphine flambant neuve de mon papa,

elle est couleur olive la voiture de mon papa et avant de monter, il faut toujours s’essuyer les pieds et ne jamais toucher aux vitres, il déteste ça mon papa, il passe des heures à tout faire briller avant de la sortir du garage.

Au volant, il est fier, il est droit comme un I.,

et moi heureuse je suis, parce que pas d’école,

aujourd’hui c’est Jeudi et je suis toute la matinée avec lui.

Il y a Gilbert Bécaud dans l’autoradio,

Nathalie… mon père fredonne,

je suis jalouse, pourquoi il a choisi Nathalie, Gilbert Bécaud et pourquoi pas Sabine…c’est un joli nom Sabine et puis c’est le mien.

Je suis jalouse de cette Nathalie,

papa quand il chante son prénom, il est heureux et oublie un instant que j’existe.

Je m’étais fait belle, ma toque en fourrure sur la tête, mon joli manteau beige et mes souliers noirs vernis des jours de sorties, c’était que pour lui…

habituée à ce qu’on me dise souvent que je suis jolie, je suis déçue, papa là il ne me remarque même pas.

Enfin ce disque interminable s’arrête,

là il me regarde dans son rétroviseur et me fait un grand sourire.

Je ne suis plus inquiète et  il me tarde d’arriver, parce que là papa me tiendra la main et on ira tous les deux comme deux amis se promener.

Février 1967

il est vingt et une heures…

dormir, non pas dormir dans tous les cas pas  tout de suite car j’ai oublié, j’ai oublié mon rituel , celui de tous les soirs …depuis hier… fermer, fermer les yeux très fort et prier, prier pour qu’ un bon génie, celui qui exhaucera  tous mes rêves m’entende.

Trois voeux, c’est ça, je n’ai droit qu’à trois voeux.

C’est concentrée, les sourcils froncés que je veille à bien réfléchir et à ne pas me tromper.

Le premier sera s’il te plait mon bon génie.

-Avoir les cheveux longs…

jusqu’aux fesses.

Je sais! ça va être dur car je les veux pour demain.

le second…heu, pas facile.

Après mûre,très mûre réflexion je passe enfin commande:

-avoir les cheveux blonds, blonds car les miens sont bruns et que je n’aime pas ça, blonds parce que ceux de mon papa le sont et que je veux lui ressembler.

Pas facile encore, je te l’accorde car je réalise comment demain à l’école je vais devoir expliquer ça à mes copains.

Vint enfin le tour de mon dernier voeu, c’est consciente plus que jamais de l’importance du moment que je formule encore plus concentrée ma prière.

-Je voudrais mon cher petit génie un jour…être célèbre,

quand je serai grande je veux être sheila, tu sais c’est ma chanteuse préférée.

Comme elle, je veux pouvoir vivre chaque jour comme une fête.

Mais dis moi, pourquoi dis… tu n’es pas là?

je ne te vois pas!

Où-es-tu?

J’ai bientôt cinq ans moi, et je porte courageuse tous les désirs du monde.

C’est alors que tombant de sommeil, je m’endors en réalisant déjà, en réalisant tout bas qu’il y a des silences,

des silences qu’on n’arrive pas toujours à habiller et qu’il faudra m’y habituer.

 

Extrait du livre de Virginia Townson…

vous avez eu vous aussi cinq ans…c’était comment? Et vos rêves ?

Racontez nous avec vos mots…

on a hâte de vous lire.

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38 Commentaires

  1. Lili says:

    Bon, je ne le dirais pas mais …il nous tarde de lire le livre de Virginia…
    Oui, j’aime car c’est espiègle, c’est tendre, c’est poétique et rassurant somme toute !
    Pour le prénom de Nathalie, on confond le mien avec celui-ci, je commence à me poser des questions surtout qu’il n’y a qu’une seule personne de mon entourage proche qui se trompe et m’appelle Nathalie.

    Cinq ans…le soleil ne brillait pas encore, ma mère était toujours et encore dépressive, mon frère aîné despote, mon père trop occupé à travailler, on allait découvrir que mon œil gauche était paresseux et je n’avais aucun rêve mais la volonté d’être discrète et bonne élève…
    J’étais amoureuse depuis l’âge de 3 ans d’Elvir, un amour platonique jusque l’âge de mes 16 ans…c’était mon secret et mon rayon de soleil !

  2. Sabrina PO says:

    Un texte de petite fille frais et innocent, tellement bien raconté car inspirée…
    Votre texte m’a ému car il me parle aussi.
    Continuez à nous écrire quand vous le pouvez car c’est un vraiment un Plaisir de vous lire Virginia .
    Là c’est à nos 5ans que nous devons aller chercher les souvenirs.. pas facile pour moi..
    J’ai l’impression de ne pas arriver à définir si c’était bien à cette âge là.. Comme une légère amnésie..

    1. Sabrina PO says:

      je vais tenter de remonter jusque là..

      À Mes 5ans … ça me monte les larmes aux yeux , je dois être trop émotive en ce moment..
      Je me souviens … les DS de mon papa qu’il affectionne et qu’il brique très souvent toujours très propre, je devais faire très attention aussi à ne pas la salir ..
      Solitaire.. car ma deuxième soeur va naître ou est déjà née..
      C’est là que ça se complique dans ma tête.. j’ai du mal à me souvenir.. Pourtant je me souviens d’images bien avant mes 5ans..
      Je n’aurai pas eu beaucoup à vous raconter, je suis désolée.

  3. Laurence says:

    Sabine et Virginia, soeurs jumelles!
    Les Dauphine, je me souviens du nom mais pas du modèle! Merci pour ce moment dans le monde de l’enfance…

  4. Chantal says:

    Ma grand-mère m élevait et j étais à cinq ans tres choyée.je me souviens du pain perdu que faisait mémé…je suis sure que vous n en avez jamais gouté d aussi bon😉…tous les soirs il fallait faire sa prière au pied du lit et pour nous endormir nos chambres communiquaient elle nous racontait des histoires ou nous aidait à trouver des noms en nous disant les initiales..puis le jeudi nous allions sur la tombe de Pepe et là persuadée que c était lui j embrassais le christ sur sa tombe…
    Le dimanche elle nous préparait des iles flottantes je ne me souviens pas voir ma grand mère triste elle arborait toujours un magnifique sourire pourtant la pauvre elle en avait vécu des choses tristes orpheline a 10 ans et veuve alors qu elle portait son 5 eme enfant a 40 ans.
    Merci chère mémé de m avoir couverte de tant d amour et offert de si bons souvenirs

  5. Nurse 24 says:

    Super récit, moi aussi me tarde de lire son livre. Alors comme on parle du père, je pense au mien. M’ayant eue sur le tard, on s’accordait souvent à dire « c’est ton grand père ? » et je disais fièrement « non c’est mon PÈRE ! ». Je n’ai jamais eu honte de notre différence d’âge. C’était hors du temps. Parce qu’il était fort, dynamique, pleine de vie, espiègle (me demande de qui je tiens!), joueur, il courrait vite car il le fallait avec moi!!!😂 …. Il était d’un charisme et d’une prestance incroyable. On disait de lui qu’on le remarquait sans même parler. Je lui ressemble tellement, c’etait fusionnel et ça l’a été jusqu’au bout…à 5 ans avec mon nin nin comme l’on disait chez nous (un doudou) que j’appelais mon kiki, une espèce de chiffon aux odeurs familiales dont je faisais la vie pour qu’il ne soit jamais laver, celui que je traînais partout, qui a la base était une petite peluche blanche, un caniche, offert par ma grande mère maternelle à ma naissance. Mon père veillait sur kiki comme il veillait sur moi. J’étais si fière d’être à ses côtés, partout et nulle part. J’étais plus souvent dans les pattes du paternel que dans les jupes de ma mère, ce qui l’arrangeait bien puisqu’elle s’occupait de mon petit frère. Un père qui me trimballait donc partout, entre la Picardie et Paris, parfois départ aux aurores, été comme hiver, notamment aux courses de vélo, lui qui en faisait plus jeune et qui a transmis cette passion à mon grand frère, belle carrière somme toute. J’en ai vu passer des bidons, des roues, des coupes et des bouquets de fleurs au vainqueur…je me souviens quand il m’a offert mon vélo, bien choisi évidemment ! Un vélo qui ne me quittait jamais, ce même vélo qui m’a conduite à l’hôpital à 8 ans aux urgences car casse-cou que j’étais, j’ai pris un mur en pleine face, une cicatrice au front et trois points plus tard, ma mère appréhendait le retour de mon père de voir SA fille dans cet état! Qu’il n’aimait pas voir la vue du sang ou tout ce qui touche au médical encore moins ma blessure, c’est lui même qui m’a accompagnée pour le retrait des points, dont l’infirmière lui avait ordonné de sortir pour l’acte, et a répondu froidement et fermement «  je reste avec ma fille! ». Me tenant la cheville, le dos tourné, il m’entendait rire car ça chatouillait!
    Combien de fois m’a-t-il fait grimper sur ses genoux aux volants de sa voiture, une Mercedes bleue marine.
    Combien de fois, il faisait râler ma mère avec ses bêtises pour nous faire rire et je disais encore, encore et encore ! Et ce jusqu’ à la fin de sa vie.
    Dur et sévère parfois (en même temps pas le choix avec moi 😂), il savait se montrer aimant toute en pudeur. Il me racontait toujours la même histoire le soir, toujours la même. Il savait inventer et égayer ma curiosité à chaque fois, parce qu’il ne la racontait pas de la même manière. D’ailleurs, combien de fois, ma mère râlait car je m’étais immiscée dans leur lit avant qu’elle ne se couche pour dormir avec mon père 😂. Un œdipe dans toute sa splendeur!
    N’empêche que….voilà la femme que je suis devenue!
    Un père a l’âge mûr mais d’un esprit si jeune que finalement, je crois que j’ai aussi contribué à rester en forme et lui a contribué à m’apporter tôt une maturité. Lui, de la vieille école, nous étions pas toujours d’accord, mais il n’empêche qu’il a contribué aussi avec ma mère, à avoir ce goût pour l’indépendance et la liberté, compliqué encore aujourd’hui lorsqu’on est une femme. J’ai hérité de suffisamment d’armes pour me défendre. Il savait que je savais me défendre et que je savais me débrouiller, ça faisait des lustres que j’étais indépendante. C’et plus fort que lui, il fallait qu’il s’inquiète pour moi même aux frontières de sa mort où il me dit « quand je ne serai plus là, qui va te défendre ? Trouve un homme qui va t’en defendre ! ». J’acquiecsais sans rien dire par respect mais qu’est ce que je rigolais intérieurement … le pire, il savait que je me marrais à entendre ça, il lisait en moi comme dans un livre ouvert mais nos pudeurs suffisaient à nous comprendre sans mots.
    Espiègle dans l’âme, nous étions lui et moi des amoureux de la vie. À tel point, qu’il ne voulait pas quitter ce monde, il luttait bec et ongle pour rester en vie alors que la mort l’appelait. C’est à l’annonce de la mort de ma demi sœur, sa fille aînée, qu’il a lâché prise…pour la rejoindre et ne pas la laisser seule.
    C’est à ce moment-là que j’ai compris, que sa façon de s’être occupée de moi, a été en quelque sorte, un rattrapage de paternité parce que la bêtise humaine de ces femmes débiles qui se servent du divorce comme une arme pour empêcher un père d’assumer fièrement sa paternité. Ses autres enfants en ont souffert…une maternité écoeurante et puérile, celle qui ne m’inspire que du dégoût et à laquelle je m’identifierai Jamais ! Un enfant a autant besoin de l’un comme de l’autre et personne ne me prouvera le contraire parce que j’ai eu la chance d’avoir un bon père.
    Si aujourd’hui sa perte est un grand vide pour moi, je tenais à remercier Virginia pour me remémorer ces doux souvenirs d’enfance.
    En enfance comme en amour, l’insouciance ne s’improvise pas, ne se remplace pas, elle se vit. C’est un sentiment qui ne dispose pas d’arguments pour la combattre parce qu’elle inspire ma vie.
    Shakespeare disait « cœur insouciant vit longtemps ».
    Je vais passer une super journée qu’elle ne l’est déjà…MERCI.
    Et navrée pour mon commentaire, le bavardage m’a épinglée 😂
    Bonne journée à vous tous

  6. Nam says:

    Sabine et Virginia, ce lien de sang que je voyais avant la publication du 1er article… cela travaillait déjà dans ma tête. ^^

    Je suis contente que vous aimiez Sheila :-).
    A 5 ans, je me rappelle de mon vécu avec la fratrie à l’Ecole.

    Et à 5 ans, j’ai du connaitre et comprendre ce qu’était la perte d’un proche. Je n’avais pas du tout la même vision de la mort que les adultes. Il s’appelait Adrien. Je lui empruntais un objet de sa vie professionnelle: je lui piquais ses jumelles pour voir les côteaux au loin. Et oui Sabine, il était GENDARME !! :-).

  7. GUYBKK says:

    5 ans ,c’est très lointain ,comme une autre vie . De cette époque là je vois une grande maison en pierre apparente au toit pentu , car il neigeait encore beaucoup à cette époque là .
    La maison était meublé en rustique et il y avait encore deux pianos droits au salon ,des cuivres bien brillants accrochés dans la salle à manger et dans la cuisine ,une grande table claire et tout un tas de services de porcelaine et de verre à pied en cristal .Un grand jardin avec cerisier ou je jouait avec nos voisins .
    Mon frère était prêt de naître et nous vivions avec les grands parents maternels .
    Il y avait un poulailler au fond du jardin avec des volailles et des lapins ,qu’on allait admirer avec les copains . Beaucoup de fleurs car ma mère les vendait au marché à côté de l’église .
    Et puis l’école qui ne m’intéressait pas beaucoup à cette époque . Je préférait la liberté et bricoler un peu de tout ce qui me passait par les mains .
    Les autres souvenirs se sont envolés depuis longtemps avec le passage des années …

  8. Sonia M says:

    5 ans. …
    Déjà 3 soeurs. …
    Un papa qui travaille beaucoup et une maman épuisée d avoir 4 enfants à gérer !
    Et pourtant à cette époque ils sont déjà plein d imagination.
    Pour Noël c est une véritable organisation de leurs parts pour nous faire rêver.
    Mon papa repeint entièrement le mur du salon en paysage de montage recouvert de neige.
    Avec ma maman c’est atelier(cuisine, couture. …) création de décors de Noël pendant que papa faute d argent retape comme à neuf un vélo trouvé à la décharge (il était éboueur à l époque ).
    Cette année là, après notre traditionnelle promenade nocturne à chercher le Père Noël avec maman, nous retrouvons papa avec son immense sourire devant la porte de la maison, fort de nous expliquer qu’il a bien donné les dessins, la part de gâteau à son copain le Père Noël !
    Devant le sapin mon premier vélo !
    Ces Noëls resteront gravés à tout jamais en moi !
    J’ai 48 ans et je crois toujours au Père Noël même si le mien vient de nous quitter.
    Cette année pour Noël, je scruterais le ciel et pour une fois, je sais que je le verrai le Père Noël !

  9. Sabrina PO says:

    Tous ces commentaires tellement bien narrés font ressurgir les souvenirs et ça aide.
    La suite .. de mes 5ans…
    Ma mère et ma grand-mère paternelle toujours ensemble soudées… comme une maman et sa fille .. car ma grand-mère vivait à la maison avec nous ..
    Moi qui appelait ma grand-mère Maman et ma mère par son prénom ! Chose que j’ai rectifié beaucoup plus tard !
    Mes ballades sur la plage avec ma grand-mère, nous habitions juste en face, où elle m’appenait à ne pas avoir peur des crabes et comment les tenir pour ne pas se faire pincer .
    Un lieu où je me sentais bien, courir, faire la roue, sauter de tout mon élan, et où je m’inventais un monde…
    Les sorties toutes les trois jusqu’au village, pour les courses de la journée..et le passage à la pâtisserie pour choisir les gâteaux pour notre goûter, des milles feuilles pour ma grand-mère et ma mère et pour moi le choux à la chantilly ..comme ils étaient bons!!
    La machine à coudre de ma grand-mère et sa boîte à couture , ses pelotes de laines et ses aiguilles à tricoter et son joli baigneurs, auquel elle tient beaucoup… et sa façon de cuisinier, à l’ancienne..surtout son bourguignon.
    Mon autre univers, rien qu’à moi.. Mes livres dans lesquels je m’evade , j’ai aimé lire très tôt.
    J’aime beaucoup m’amuser devant chez moi, je ne doit pas trop m’éloigner…. Je ne savais pas qu’on me guettait…
    Une maman au foyer,qui travaillera plus tard pour s’émanciper en quelque sorte d’une vie qu’elle ne voudra plus bridée..
    Ma grand-mère toujours active qui travaille, elle, dans le grand restaurant du village et qui devra s’arrêter quelques années plus tard car très malade du coeur.. et qui nous quittera en 1986..
    Mon père devra faire face à la perte de sa maman mais il est entouré de ses frères et de sa soeur.
    Mon père … à mes cinq ans…il n’a jamais été trop démonstratif mais à toujours fait du mieux qu’il pouvait…Je ne sais pas si c’est lui qui n’était pas souvent avec moi, car il travaillait aussi, ou le contraire…
    Aujourd’hui, je ne peux plus dire à ma mère combien je l’aime et comme elle me manque..
    Alors que mon père est bien vivant, nous ne cherchons toujours pas à nous voir, de temps à autre quelques appels. Ma soeur le voit davantage que moi , alors , je me demande est-ce de ma faute..? Et pourtant je l’aime aussi mon père , comme quand j’avais 5 ans.

    1. Sabine Thierry says:

      merci d’avoir chercher pour partager.
      Je suis très étonnée personne ne fait allusion au petit personnage du texte, elle a des rêves et vous non?

  10. kittie says:

    comme chantal a 5 ans je vivais chez ma mémé , mais elle etait moins chaleureuse que la votre chantal ,j allais a l ecole du village , c etait une classe unique et j etais la seule de mon age .je m ennuyais bp de ma maman , je pleurais bp .je jouais avec les canards dans la basse cour mais je n avais pas le droit donc je me faisais gronder .

  11. Domino says:

    A 5 ans, nous vivions chez mes grands parents. Mes parents retapaient une maison, et pour économiser un loyer, ma grand-mère leur avait proposé de venir habiter chez elle. Il y avait donc ma grand-mère, mon grand-père, mon arrière grand-père, ma tante, mes parents, ma soeur, moi …. puis mon petit frère qui a été conçu pendant cette période.
    Tout cela dans une petite maison de 3 chambres et sans salle de bain.
    Je me souviens des bains dans la grande bassine, de ma mère qui lavait le linge au lavoir, de mon pépé avec sa cigarette roulée, son béret et son opinel, des retours de l’école et des tartines de confiture maison de mamie, des blagues de mon papi (qui n’était pas mon grand-père « biologique », mais qui nous a tellement aimés et gâtés).
    Je me souviens aussi de choses moins agréables, de mon père et ma grand-mère qui se disputaient, entre autres choses….
    L’enfance n’est pas toujours douce ….

  12. Laurence says:

    J’habitais à Bordeaux avec mes parents, au-dessus du bar tabac journeaux de mes grands parents. Mon père travaillait alors pour son père. Je plongeais les mains dans les grandes boites de Malabar, à la caisse, je faisais du vélo autour du flipper, je passais beaucoup de temps avec ma grand mère.

  13. Sabrina PO says:

    Cette petite fille est en plein complexe d’Oedipe , elle aime tellement son papa et attend qu’il la remarque et lui donne toute son attention.
    Une petite fille que j’imagine sage» courageuse et intelligente de par le fait déjà qu’elle sait « qu’il y a des silences que l’on habille pas.. ».
    Une petite fille comme une enfant de son âge qui demande à un petit génie d’exaucer 3 voeux (pas trop compliqués d’ailleurs, ce serait juste pour expliquer le lendemain..!!!)😁

    En ce qui me concerne pour mes rêves de petite fille, je n’en ai pas souvenir..
    plutôt un peux plus tard, je rêvais à ma vie future que je me construisait dans ma tête

  14. Christelle77 says:

    Virginia Townson sera donc votre nom d’écrivaine ! C’est classe !
    Je me souviens de cette histoire, des 3 vœux, de la fan de Sheila, de la voix de cette petite fille très sérieuse, qui admire son papa et dont on pourrait prendre les rêves avec le sourire en disant : « elle est mignonne… » (d’un air de dire, « qu’ils sont marrant les enfants avec leurs idéaux qu’ils vont perdre très bientôt ! »).
    Et pourtant, c’est très sérieux un enfant, ça vit les choses avec la même force qu’un adulte, avec les mêmes émotions (même s’il est parfois plus difficile d’y mettre des mots dessus et de les analyser). La jalousie de cette petite fille, ce n’est pas une jalousie « d’enfant », sa fierté non plus, et encore moins ses désirs de célébrité. Et les difficultés, les silences sans réponses, eux non plus ne sont pas des « versions enfants » de ceux que vivent « les grands ». C’est ce que je trouve admirable dans ce texte, plein d’amour, de poésie, d’idéalisme… mais de lucidité aussi. J’adore !!!

  15. Christelle77 says:

    Sinon, quand j’étais petite, je n’avais pas de bon génie. Mais je disais souvent (dans ma tête, en secret, car pudique déjà) : « Maman, pourquoi je suis pas un garçon ? ». Qu’ils avaient la belle vie les garçons : ils pouvaient courir et être trempés de sueur comme des soupes, mais ce n’était pas grave parce qu’un garçon, ça aime courir ! Ils avaient le droit de rentrer avec le pantalon troué parce qu’ils étaient tombés dans la cour, mais ce n’était pas grave parce qu’un garçon, c’est un peu casse-coup. Ils pouvaient jouer au foot ou à tous les jeux de ballons parce qu’un garçon, ça a toujours un ballon dans les mains ou aux pieds ! Un garçon qui sifflait, c’était normal, de même qu’un garçon a les cheveux courts !
    Et moi, j’aimais courir, je faisais des trous dans mon pantalon, j’aimais jouer au ballon, je sifflais très bien et j’avais les cheveux courts… et pourtant j’étais bien une fille ! Mais les gens me renvoyaient tout le temps à la figure que j’étais « un garçon manqué », comme si certaines choses étaient à exclure de la vie et de l’éducation des filles !
    Vous Sabine, vous avez appris à 5 ans qu’il ne serait pas toujours possible d’habiller les silences. Moi j’ai appris à 5 ans qu’il y aurait toujours quelqu’un dans la société pour se mêler de ce qui ne le regarde pas ou ou quelqu’un pour vous montrer du doigt et vous rappeler, au cas où vous ne vous en seriez pas rendu compte toute seule, que vous n’êtes pas dans les normes ! Je suis contre les clichés, le sexisme, qu’un garçon ne doit jamais pleurer ou qu’un être humain ne doit jamais s’excuser parce que c’est un aveu de faiblesse ! Laissons les gens vivre à leur rythme, comme ils veulent… et surtout comme ils peuvent !

    1. Nurse 24 says:

      Que de beaux témoignages, j’en prends plein les yeux.
      Je suis d’accord aussi avec Christelle et Sabrina, les adultes ne font pas toujours attention quant à leurs dires, parfois mal vécu et mal interprété par un enfant. Les fameuses normes fais ci fais ça , être comme si être comme ça….j’étais aussi garçon manqué et pourtant aujourd’hui je suis plus féminine que jamais. Chez l’enfant, l’insouciance se respecte comme la découverte du monde, ses rêves…l’enfant ne pouvant pas choisir ses parents ni même son éducation. Alors quel courage et quelle intelligence extraordinaires ont certains pour grandir et devenir des adultes au détriment du regard des autres.
      Et quant à ce récit, oups veuillez m’excuser, je n’ai parlé que de mon père et mon enfance, sans doute étais-Je dans une nostalgie euphorique. Il est vrai que cette petite fille s’invente des manières pour concrétiser des désirs, pour se créer une image, de se faire remarquer…
      « en réalisant tout bas qu’il y a des silences,
      des silences qu’on n’arrive pas toujours à habiller et qu’il faudra m’y habituer. »…je suis aussi tombée sous le charme de cette réplique, déjà à cet âge, être si perspicace…la dure réalité de la vie qui commence à naître aux yeux d’une enfant.
      Alors vindieu ! Que l’insouciance et l’esprit enfantin ne disparaissent jamais de nos satanées vies d’adultes ! Et je remercie mon paternel de m’avoir transmise ceci!!!!
      Encore merci, ma tête est dans les étoiles 🌟

  16. Sabrina PO says:

    J’adhère complètement à votre commentaire Christelle, quand vous dites qu’il y aura toujours quelqu’un pour nous faire rappeler que nous ne sommes pas dans les normes de toutes sortes qu’elles soient d’ailleurs , ce genre d’injustice je l’ai vécu aussi , sauf qu’aujourd’hui je ne me laisse plus faire, je me montre au monde et je vis ma vie…
    Vivons pour nous et non pour les autres.

  17. florence says:

    juste un commentaire à la lecture du texte…ça me fait penser aux histoires du petit nicolas, le ton, ce que l’on imagine…rigolo et tendre à la fois…j adore
    pour ma part très très peu de souvenirs à cet age là…un cousin m’a dit un jour : »tu ne devais pas etre tres heureuse pour ne te rappeller de rien »….
    A t’il raison? Je ne sais pas …
    Je me souviens de mon départ de la maison pour mon,premier jour de classe…car une photo immortalise ce moment là…juste avant le départ pour l’école…à 5 ans…
    et comme certains dans leur témoignage, j’ai vécu moi aussi avec pépé et mémé que j’adoraient et encore aujourd hui meme s’ils ne sont plus de ce monde…

  18. michel says:

    Bonsoir, j » étais en foyer car la premier famille d’accueil na pas voulu me garder ‘j étais en souffrance, retirez à ma vrai famille pour me protéger.je sais juste que j’avais des grosses colères, je me battait. et je ne savais presque pas parlait. A l’ époque je me suis senti abandonné j’ arrivais pas à comprendre et je manquais amour .Aujourd » hui, j’ai compris que ma vrai mère était pour rien, mon père était violent avec elle. J’ai beaucoup grandi dans ma tête et j’ai réussi à devenir une personne bien. Donner de l’amour à vos enfants ou les autres est le plus important.

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