Il était une fois…

Il était une fois un silence épais qui nous étreint. Il était une fois la volonté de porter la plume dans la plaie et de partir sur les traces d’un passé déraillé. Il était une fois une femme assise à l’ombre d’un pin parasol.

Elle est brune, les yeux baignés de khôl et les lèvres rouges, les deux petits os de sa clavicule en forme de porte-manteau la font paraitre encore plus fragile. Elle a cinquante ans, cinquante ans ne dit-on pas, pense t-elle tout haut que c’est l’âge qui donne du courage.

Son histoire c’est le trajet d’une folie.

Après l’ivresse des premières années d’un mariage d’amour, elle a du déchanter et affronter une réalité implacable. celle d’une femme abandonnée par son mari pour les bras d’une femme plus fraîche.

Parlant tout bas, elle se raconte  d’une voix pleine et plus jeune son histoire d’un réalisme sale.

Après la colère,  est venue la culpabilité. Peut-être se dit-elle qu’elle a eu la faiblesse de traiter l’autre comme si il lui appartenait…

Puis est venu la peine, celle qui permet de relever la tête pour commencer à regarder l’horizon et pouvoir enfin surpasser les douleurs intimes.

Il était une fois…ceux qui écrivent parce qu’ils ont lu.

Il était une fois… ceux qui écrivent parce qu’ils ont vécu.

Aujourd’hui, pour ma part… j’ai écrit cette histoire pour faire sortir mon héroïne du gouffre.

 

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16 Commentaires

  1. Carole says:

    Oui cette histoire me parle; surtout lorsqu’elle émet l’hypothèse que peut être elle a eu la faiblesse de traiter l’autre comme si il lui appartenait… Cela résonne en moi. Personne ne nous appartient. Nous sommes seule avec nous même et de quel droit vouloir posséder quelqu’un. Mais c’est une réaction que j’ai aujourd’hui. A 35 ans, je n’aurais pas eu cette vision !!!

  2. Amelie says:

    c’est à la fois imaginaire et très réaliste , c’est très touchant de voir le constat de cette dame , qui finalement fait le point sur le chemin de sa vie .

  3. Christelle77 says:

    Voilà bien un sujet sur lequel je suis d’une ignorance notoire ! Je me demande souvent si s’abandonner à un autre totalement vaut tant le coup que cela quand la peine rencontrée lorsque ça s’arrête (et pour cette femme, contre sa volonté !) est si grande.
    S’il revenait aujourd’hui, Alfred Tennyson, poète anglais du 17ème siècle me redirait alors sa phrase célèbre : « Mieux vaut avoir aimé et perdu ce qu’on aime que de n’avoir jamais connu l’amour » ! Un jour peut-être …

    En tout cas, je souhaite à Carole que l’horizon qu’elle commence de nouveau à regarder va s’éclaircir de plus en plus ! Et merci Sabine pour ces « images en mots » toujours si belles pour décrire les gens !

  4. Martin Monique says:

    Cette femme est bouleversante tant son histoire est douloureuse, quel désenchantement après avoir été portée par cet amour qu’elle devait croire éternel. La chute, terrible, humiliante violente qui ravage tout et laisse anéantie sans, semble t il, un retour possible à la vie! Et pourtant une force intérieure insoupçonnée permet de relever la tête et de croire à demain . Belle leçon de vie mais sans doute la cicatrice elle sera toujours là!

  5. Boucle d'or says:

    Je pense que rien n’est jamais acquis. L’amour comme l’amitié s’entretiennent. Mais quand l’un et / ou l’autre sont sincères et véritables, les efforts pour les faire perdurer n’en sont pas vraiment.

    1. Sabine Thierry says:

      certes ils s’entretiennent mais il ne faut pas tomber non plus dans l’excès c’est à dire faire beaucoup d’efforts pour que l’autre tombe dans les filets.
      Quand on est fait l’un pour l’autre ça …coule de source!

  6. chantal11 says:

    Personne n’appartient à personne
    La phrase que je préfére : »Il était une fois… ceux qui écrivent parce qu’ils ont vécu »
    La vie n’est elle pas une folie?
    Quelque fois avec des destins hors norme

  7. yefsah says:

    Il était une fois , une femme mystérieuse et pleine de bons sens Sabine qui à travers s’est écrite arrivée à nous plonger dans notre propre vie à travers des syllabes de réalités et de vécu . continuez Sabine j’aime votre voix, mais il faut reconnaître que votre plume est aussi percutante.

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