La mort…

C’est une nuit où le ciel est bas et lourd,

un pâle croissant de lune brille dans le ciel,

sur les bords de la Garonne,

il y une maison ouverte à tous les vents, hors du temps.

Un escalier en bois qui craque, mène à l’étage exigu et mal éclairé,

sur ma droite,

une chambre avec un vieux poêle à bois qui marche encore,

tout autour serpentent des livres.

Par la fenêtre,

j’aperçois une grange où s’entassent des bûches.

Sur le lit, je me couche et,

m’assoupis.

Partout, l’obscurité,

le noir tout autour de moi.

la pièce est muette,

et aveugle.

Un espace de brume dans lequel je me suis endormie.

Un souffle  frais me caresse le visage,

l’air est saturé de l’odeur du musc,

à côté sur ma table de chevet est posée une fleur séchée.

Quelque chose prend chair en moi,

je suis à terre,

incapable de me lever,

ma poitrine est comprimée,

j’ai le souffle coupé,

mes yeux sont embués,

mon esprit produit silencieusement des torrents de larmes.

J’écoute cette voix profonde qui naît dans ma gorge,

et compense l’angoisse,

par les souvenirs,

j’éprouve  dans ma chair les réminiscences des instants où ma vie n’appartenait qu’à moi,

et sombre dans la paix, mon corps alourdi d’un seul coup par l’immobilité.

je vis une plongée en eaux troubles, secouée par des éclats de silence de plus en plus épais,

la frayeur ancrée au plus profond du moi.

Dormeur aliéné qui se croit mort,

suis je en train de rêver ou de mourir…

 

 

 

 

36 Commentaires
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36 Commentaires

  1. chantal11 says:

    Non simplement un rêve ou alors une présence
    lui et son parfum envoûtant ,le souffle coupé au bord de l’abîme
    En train de mourir une sensation douce,l’envie de s’abandonner et
    de tout laisser allé,ne plus pouvoir sortir un mot,mais ce n’est pas le moment
    et une derniére force me permet de lancer un SOS

    1. Sabine Thierry says:

      j’ai décrit la fin,
      la mort…pour dire vrai!
      en tentant de me rapprocher au plus près de la vérité…
      dans la mesure où nul ne peut témoigner puisque personne n’en est revenu!

      1. Catherine says:

        Bonjour Sabine,
        Si, il y en a des personnes qui en reviennent d’après le Docteur Jean-Jacques Charbonier. Il appelle cela des morts provisoires ! Cela donne, pour les personnes qui ont eu la chance de connaître cette expérience, un avant goût de ce qui sera notre ultime voyage.

  2. michel says:

    Bonjour, encore un super texte bien écrit mais j essayé de comprendre les mots qui sont marquer. Pour eviter être hors sujet pour dire des choses qui correspondent à rien. .sur la mort, j ai vraiment énormément contoiyais ceci pour en parler.bon week-end et j adore même si je suis pas très fort, je lis tout.

    1. christelle77 says:

      Vous êtes un exemple pour tous ceux qui lisent mais n’osent pas écrire ! Vous vous osez et je suis sûre que ça vous rend heureux d’écrire ! Alors j’espère que plein d’autres suivront votre exemple.
      Et nous, quand on vous lit, on est souvent ému et admiratif de voir l’homme bien que vous êtes devenu malgré un passé pas facile !
      Bref : bravo Michel !!!

  3. Anne64 says:

    Cette photo m’inquiète, le titre aussi.
    J’ai relu le texte plusieurs fois le texte. A la première lecture il me paraissait très sombre mais beaucoup moins ensuite. En fait, je me suis rendue compte que je me focalisais sur une partie d’une des dernières phrases : «la frayeur ancrée au plus profond de moi». Cette image me met mal à l’aise, je l’associe à la mort et ça me trouble mais cette interprétation est très personnelle et je n’ai peut-être pas bien compris le texte.

  4. Nurse 24 says:

    Bonsoir,
    Difficile de décrire quelque chose que l’on a pas vécu aussi intensément mais votre prose est si bien racontée
    La première impression que j’ai eu en vous lisant est ce que l’on appelle la paralysie du sommeil ou parasomnie au moment de l’endormissement ou lors de la phase du réveil. C’est un état où l’on dort mais l’impression d’être réveillé…angoisse, oppression, détresse, sans défense puisqu’on ne peut absolument pas bouger ! J’ai deja vécu ça c’est horrible!!!!
    Une impression de vous réveiller mort, l’esprit est là mais pas le corps, une paralysie entraînant des hallucinations …
    Vous décrivez réellement ces sensations que j’ai éprouvé alors.
    Toujours un régal de vous lire même dans les pires moments

  5. Caroline says:

    Une cadre infirmière m’a dit un jour,

    « Caroline, la mort fait partie de la vie »,

    c’est tellement vrai, on y passe tous un jour ou l’autre……

    Moi, de par mon métier, je la côtoyais au quotidien cette mort qui se passe plus au moins sereinement pour certains et pour d’autre c’était autre chose…..

    Votre vision Sabine, m’intrigue, me parle, c’est très bizarre comme ressenti…… « les yeux embués »……. je me rappelle de certains patients, leurs corps et leurs âmes étaient déjà ailleurs, des larmes coulaient sur leurs joues à peine tiédi……

    Merci Sabine pour vos textes tellement beaux….

    Je vous embrasses,

    Caroline

  6. Christelle77 says:

    « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle » disait Baudelaire dans « Spleen ». Puis il terminait son poème par l’angoisse plantant dans son crâne un drapeau noir. Brrrrr… Comme votre texte le raconte, ce passage de la vie à trépas est un moment qui ne semble pas des plus agréables à vivre ! Moi qui rêve d’une mort dans mon sommeil, sans m’en rendre compte ou presque !
    Mais y a-t-il une suite à ce texte Sabine ? Une suite qui raconterait la lumière, l’accueil de l’autre côté, le ciel haut et léger… Je l’espère en tout cas.

    Quoi qu’il en soit, je trouve très intéressant que vous soyez dans une presque dissection de ce qu’est ce moment où l’on se sent mourir. J’espère que le jour où cela arrivera, dans les souvenirs qui se rappelleront à nous, il y aura ce texte. Alors peut-être, l’angoisse sera-t-elle un peu moins grande ?

  7. GUYBKK says:

    Cette description de la mort est impressionnante . Beaucoup de gens croient à la réincarnation et on se demande si tout ce que l’on à vécu , étudié et expérimenté dans la vie disparait définitivement .
    D’abord , d’après votre texte , si je comprend un peu , on s’assoupit dans l’obscurité , dans une pièce où ne filtre aucune lumière ni sons , on ne peut plus bouger souffle coupé . les yeux humides ,l’esprit s’émeut , on ressent de l’angoisse et on revit des souvenirs ; la paix semble s’installer dans le corps immobile et le silence et la frayeur semble envahir la personne .
    Personne n’ai jamais revenu , pour nous dire ce qu’il y a après …inquiétant

  8. Tatiemomo says:

    Bonjour je suis en train comme par » hasard « !!! de lire un livre écrit par Yves Lignon un Toulousain, un universitaire, à la retraite , qui a fait des émissions il y a plusieurs années sur Sud Radio et qui réunit dans cet ouvrage les témoignages de ceux qui sont arrivés presque au bout de leur vie mais ne se sont pas laissés entraînés dans ce qu ils appellent tous l’ après…et racontent leur expérience.
    Les similitudes de ces situations vécues sont assez frappantes et tous, quel que soit leur pays d origine ( témoignages d’outre-Atlantique, d’Afrique, d’Europe ) relatent la douceur, la plénitude, l’apaisement ressentis et l envie irrésistible de se laisser entraîner dans une autre monde. Mais au dernier moment la vie a été plus forte souvent parce que des liens très forts les empêcher de partir( famille, enfants..) .
    C est intéressant surtout que Lignon traite cela en tant que scientifique sans prise de position personnelle sur le sujet! A voir! Quel est la part de vérité de ces manifestations, sont elles le fait de l imagination …???

    1. Sabine Thierry says:

      Mr Lignon est parti de Sud radio parce que j’y arrivais, en réaction…ce n’est pas une personne aussi ouverte que vous le pensez.
      Il lui a été proposé de me mettre à l’épreuve, il n’a jamais donné suite.

        1. Nurse 24 says:

          Je connaissais pas ce type, j’ai regardé sur le net….usurpation de titre universitaire, analyses scientifiques faussées car omettait sciemment des éléments…pour un scientifique, ça craint beaucoup ! Ça ne me donne pas envie de lire ses ouvrages puis sur ce sujet là il ne m’apprend rien de plus de ce que j’ai pu constaté quand je travaillais en réanimation….tatiemomo il existe d’autres ouvrages sur ces cas de mort imminente beaucoup plus détaillés et conformes à la réalité faits par des médecins (réanimateur, neurologue….)…tout ne s’explique pas mais constatent en effet des points communs que ressentent les patients
          C’est un pseudo scientifique ! Encore un qui a un ego mal placé….

  9. Sabrina PO says:

    La mort comme vous le dites Sabine est bien réelle..avec des contextes et des douleurs ou pas qui sont et seront  » particuliers » pour chaque être
    Pour moi c’est une transition pour une autre vie..Peut-être ailleurs et autrement.. Je ne le saurai que lorsque ce sera mon heure.
    Nous ne mourrons pas chacun de la même manière mais nous nous retrouvons tous devant elle un jour.

  10. Sonia M says:

    La mort. ..
    Vous la décrivez simplement, naturellement.
    Il y a encore quelques mots votre texte m aurais effrayée.
    Mais elle a rendu visite à mon père en notre présence.
    Je l ai vu l enveloppé, l anesthésié, l empêché de parler, le paralysé jusqu’à son dernier souffle.
    Aujourd’hui, elle fait enfin partie de ma vie.
    De votre texte , j’ai envie de retenir avant tout :
    -« Je sombre dans la paix « .
    Bonne soirée.

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