LE MALENTENDU … III.

La soirée est douce et silencieuse,

elle est rentrée seule et bienheureuse dans

le théâtre de son petit hôtel.

Un hall et des salons cosy vous accueillent,

des tables et des fauteuils anciens épars,

posés ça et là pour entretenir l’intimité de ceux qui s’y retrouvent sous la lumière tamisée.

Une accumulation, sur les murs aux tentures de velours bleues,

d’objets antiques et de livres d’art attire son regard.

Elle est assise dans un fauteuil de vieux velours rouge,

un dernier verre de chianti et un assortiment de gâteaux trouvent leur place sur un guéridon de marbre.

Dans un décor  à deux vitesses,

avec sa lumière dorée, son clair de lune et ses volets clos.

En bruit de fond,

de la musique,

un concerto de Vivaldi qui lui donne des ailes.

Elle fantasme sur une histoire d’amour d’une lenteur obsédante entre féerie et réalité.

Le vertige n’est pas loin…

éclopée des sentiments depuis la mort de son époux,

elle a de nouveau des étincelles dans les yeux et dans le cœur.

Impatiente, elle se surprend à échafauder comme une jeune fille, des plans sur la comète, elle se fait peur,

pourquoi va t-elle si vite,

elle s’interdit aussitôt d’avoir des rêves trop grands,.

Le souvenir  qu’elle est ici pour écrire la ramène à la réalité.

Vite, se dit-elle, recadre tes émotions au plus vite,

ressaisis toi, après tout il ne t’a même  pas fait d’avances, ni de déclaration.

Elle montât dans sa chambre au premier étage,

la vue sur les canaux est magnifique.

Avant de s’installer,

elle arbore de sages lunettes rondes cerclées d’écailles,

relève à l’aide d’une pince, ses cheveux en un joli chignon décoiffé.

Les lèvres entrouvertes et concentrée,

elle est tout à son travail.

Elle ouvre le bal en écrivant à l’encre noire quelques lignes sur son carnet moleskine.

Sa fenêtre est ouverte,

le bruissement des feuilles et une légère brise l’interpellent.

Elle se lève et,

regarde tout en bas le canal.

Le jour tombe,

l’eau devient mercurielle.

Elle regarde le ciel,

et tente de lire ce que lui racontent les nuages.

Demain ça sera l’été,

l’été de tous les désirs.

Demain,

la lumière avec le jour se lèvera,

pour inonder, elle l’espère,

à nouveau son cœur,

avec la force d’une toute nouvelle fois.

Revenue à sa page à peine noircie,

elle renonce pour finalement aller se coucher.

On ne peut pas écrire sans mémoire et ce qu’elle a oublié,

demain,

elle l’inventera.

 

à vous…

j’ai hâte de lire votre suite.

 

 

 

 

 

 

.

 

36 Commentaires
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36 Commentaires

  1. Chantal says:

    Elle essaie de dormir mais le visage de cet homme vient la tirer de son endormissement…. Quelles sont ses intentions…il a l air bien élevé ce n est pas possible que ce soit un homme qui veut juste la mettre dans son lit ( remarquez elle a envie de revivre une passion) mais pas pour juste une nuit elle veut prendre son temps: avoir des papillons dans le ventre; se sentir désirée: aimée et pourquoi pas à nouveau vivre ensemble…..tout dans ce pays la transporte dans de beaux rêves et si cela n avait été au un rêve éveillé…..

  2. Lili says:

    Magnifique…
    On s’y croirait, on rentrerait presque dans la peau du personnage, presque ou trop…
    Autant j’aime la lumière vive du soleil et un ciel qui s’étire très haut en journée, autant j’ai besoin d’ambiance feutrée à la lumière tamisée en soirée.
    Tout y est : l’atmosphère, l’ambiance, les émotions jusqu’aux ressentis physiques…
    Je n’écrirai pas de suite, j’en suis incapable. Je vous lirai et surtout j’attendrai votre suite Sabine, dans un mélange d’impatience, d’angoisse, avec une pointe d’envie…

  3. sandrine says:

    Elle se léve et vas ce faire un café car elle n’arrive pas a s’endormir.Elle ne voulait pas trop s’investir
    dans la relations avec cet homme car elle savait qu’elle devait bientôt partir.Elle pense qu’une relation a distance ne pourrait pas durer.

  4. Josiane says:

    Qu’on doit être bien ds ce salon ,de beaux fauteuils rouges,ca doit être très apaisant
    Une petite suite:
    elle se met à la fenêtre,contemple le ciel rempli d’étoiles,demain sera l’été…..elle ne peut s’empêcher de penser à lui,son si beau visage,son regard….mais voilà,les souvenirs remontent vite à la surface,je suis venue trouvée le repos ici a Venise,écrire mes mémoires pour ne jamais oublier l’homme de ma vie si rapidement disparu,je n’ai pas le droit de l’oublier si vite ds les bras d’un inconnu…..elle referme son manuscrit,s’s’allonge ds son lit,que la nuit va être longue….

    ..

  5. Domino says:

    Elle ne peut pourtant s’empêcher de laisser son esprit divaguer. Elle s’imagine dans ses bras. Elle a envie d’être dans ses bras … Elle a toujours eu cette tendance a vivre une vie parallèle dans ses pensées, une vie où elle vit ses rêves.
    Certes, il n’a rien dit. Mais elle a lu dans ses yeux. Elle fait confiance à son instinct. Il ne l’a jamais trompée.
    Elle se lève et va à la fenêtre. La brise sur son visage est tellement agréable. Elle se sent heureuse et pleine d’espoir. Le coeur gonflé d’émotion.
    Et puis merde ! Pourquoi se brider ? Pour éviter de souffrir ? La peur n’évite pas le danger.
    Elle sait déjà qu’elle va plonger dans cette histoire à pieds joints… Comme d’habitude. Elle ne sait pas faire autrement. Et si elle doit souffrir, tant pis.
    D’ailleurs, pourquoi envisager le pire ? Le meilleur qui peut aussi arriver. Elle le mérite.
    On a qu’une vie, et elle est courte. Profiter des bons moments. Elle sait trop bien que c’est indispensable. Quand l’être aimé n’est plus là …
    Alors, elle vivra cette aventure à fond. Pour ne rien regretter. Cela durera le temps que ça durera. Ce qui est pris n’est plus à prendre. Les petits moments de bonheur que l’on savoure s’imprègnent dans notre tête, dans notre coeur et notre corps. A jamais.
    Elle retourne dans son lit, s’allonge et ferme les yeux. Elle s’imagine le lendemain, avec lui. Son coeur bat la chamade. Elle sait qu’elle lui fera comprendre son attirance sans un mot. Juste par son regard et son langage corporel. Ils s’embrasseront. Son corps en frémit.
    Elle s’endort doucement, heureuse, une porte s’est ouverte. La vie est belle.

  6. Nurse 24 says:

    Une description joliment et sagement détaillée
    Une ambiance calme et feutrée, parsemée d’une douce lumière … ça me fait languir!!! Vite la suite , faut que ça déménage lol

  7. Chantal says:

    Oui tout est beau merveilleusement raconté on sent la brise le salon si doux au on aimerait si lover mais n oublions pas que Sabine a appelé cette nouvelle sur un malentendu alors ne rêvons pas trop pour que la chute ne soit pas trop difficile

  8. Sabrina PO says:

    Allongée sur son lit elle contemple le ciel , de la fenêtre ouverte elle peut admirer les étoiles qui ressemblent à des diamants sur un fond de velours noir bleuté..
    Ses pensées ressemblent à celle d’une jeune fille en plein émoi…comme c’est agréable cet état là , elle se sent transporté et attiré par cet homme …
    Et si elle se trompait, si ses intentions a lui n’était pas celles quelle croyait …
    Elle ferma les yeux comme pour chasser les mauvaises idées… et se dit que son inspiration pour écrire allait être sacrément motivée.
    Mais pour le moment, elle ne pouvait s’empêcher de revoir le si beau sourire qu’il lui avait adressé durant toute la journée…. vivement demain….

      1. Sabrina PO says:

        Elle qui n’a jamais eu peur de rien ni de personne, ni des lendemains…
        Elle qui suit toujours son intuition,comme un guide sûr, qui l’accompagne fidèle tout comme elle qui accompagne les autres, veut aujourd’hui se laisser aller et lâcher prise pour ressentir le bonheur et les émotions d’un amour parti trop vite….
        Et même si elle sait l’aboutissement qu’aura cette histoire, elle veut y croire…ou du moins en goûter à nouveau les saveurs .
        Driiiing!! Driiing !… Le téléphone sonne …!

  9. Nam says:

    Ahh! vous faites durer le suspens Sabine :-). J’ai lu toutes vos suites aussi, bravo à chacune.

    « Revenue à sa page à peine noircie,elle renonce pour finalement aller se coucher.
    On ne peut pas écrire sans mémoire et ce qu’elle a oublié, demain, elle l’inventera. »
    Elle l’inventera ou… un coup de pouce de la vie le lui écrira.
    A peine éveillée,
    le carnet hier délaissé,
    attire son attention.
    Soudain, c’est la sidération.
    La page quasiment blanche de la veille avait subitement disparu. Un écrit dont elle n’est pas l’initiatrice a pris place.
    Quel en était donc le contenu ?
    Qui se serait permis d’écrire sur son propre carnet?
    Il serait un malentendu de penser qu’il s’agit de ce bel inconnu. De plus, aucune inadvertance n’est commise de sa part, elle n’abandonne jamais ses notes. Malheureusement pour elle, celle-ci n’a pas les réponses à ces interrogations. La mystérieuse identité perdure. Seul l’auteur sait qui il est…
    Éprise de curiosité, elle s’empresse de lire ces lignes pour en déceler de potentiels indices.

    ( J’ai la suite et fin dans ma tête, juste quelques lignes supplémentaires mais cela dépasserait la consigne du court alors je mets le point làà). 😀

  10. Nam says:

    Éprise de curiosité, elle s’empresse de lire ces lignes pour en déceler de potentiels indices.
    Sur le carnet, il était noté :

    « Je sais, ta situation est délicate. Je te conseille de faire attention et ne pas trop rêver à une histoire qui n’en est pas encore une. A cela, je te dirais également de ne pas t’empêcher de vivre. Sois d’abord certaine de la réciprocité, ne t’emballe pas trop vite et reste prudente. La suite de vos échanges te confirmera ou t’infirmera l’éventualité d’une même longueur d’onde sentimentale. Je te suggérerais peut-être de prendre le temps, la précipitation peut brûler les étapes de toute réussite. Si c’est partagé, je te murmurerais alors: ne t’empêche pas de saisir cette seconde chance!
    Oui, tu as perdu ton époux, Oui c’est cruel, Oui c’est injuste,
    Mais garde à l’esprit que tu dois vivre et ne pas t’interdire à nouveau d’aimer. Tu ne l’oublieras jamais, tu aimeras différemment et tu vivras autrement.

    N’omets pas, Chaque être a sa singularité, et Chaque amour, Chaque bonheur est unique ! »

    Stupéfaite, elle en reconnait le destinateur. Elle se remémore du moment où la veille au soir, désemparée et en quête de conseils, elle s’était confiée à une voisine de chambre. Elle n’en revient pas, car cette jeune demoiselle prénommée Mana l’avait écouté mais s’était montrée discrète comme retirée. Un malentendu se dessinait d’une Mana qui lui semblait distante, impassible et donc indifférente à sa situation. Elle craignait même de l’avoir dérangée.

    Elle esquisse un sourire en se disant : « Comme quoi… l’apparence est parfois trompeuse ! ».

  11. Christelle77 says:

    Ô crudele Sabina ! … Je prie pour que votre série ne soit pas aussi longue que « Les feux de l’amour » dont personne ne verra jamais la fin ! Bon, à votre défense, c’est tellement bien écrit, que, pour ma part, j’accepte de vous pardonner encore aujourd’hui de ne pas nous dévoiler le fin mot de l’histoire. Mais ayez pitié de nous !!

  12. Christelle77 says:

    Mais si se coucher était facile, dormir était une autre paire de manche. Dans son lit, Anna tournait, virait et rêvait éveillée. Elle ne pouvait s’empêcher de penser au lendemain, à leurs gestes, à leurs paroles, à sa peur que ce qu’elle ressentait soit à sens unique. Dans sa tête, résonnait cet air de Puccini qu’elle adorait : « Nessun dorma » :
    Que personne ne dorme ! Que personne ne dorme !
    Toi aussi, Ô Princesse,
    Dans ta froide chambre
    Tu regardes les étoiles
    Qui tremblent d’amour et d’espérance…
    Mais mon mystère est scellé en moi,
    Personne ne saura mon nom !
    Non, non, sur ta bouche, je le dirai,
    quand la lumière resplendira !
    Et mon baiser brisera le silence
    Qui te fera mienne.

    Ce baiser, Anna en rêvait ! Et elle en rêvait tant qu’elle ne pouvait s’empêcher de chanter à son tour la fin de l’air :
    Dissipe-toi, Ô nuit ! Dispersez-vous, étoiles !
    Dispersez-vous, étoiles ! À l’aube je vaincrai !
    Je vaincrai ! Je vaincrai !

    De son côté, Marcello était sensiblement dans le même état qu’Anna. Ne parvenant pas à attendre que l’aube se lève, il était donc allé avec sa guitare en bas de l’hôtel d’Anna. Et il s’était mis à chanter, espérant avec force qu’elle sortirait. Il chanta d’ailleurs si bien que les badauds, à la fenêtre, en pleuraient d’émotion. Mais Anna ne sortait pas. Il tenta alors de l’appeler, tendrement, puis avec plus de vigueur : « Anna ! Douce Anna, venez me rejoindre ! »… Mais Anna ne sortit pas.

    Le lendemain, quand ils se retrouvèrent, leurs émotions étaient palpables. Anna, bien que terrorisée, était tellement exaltée de bonheur qu’elle ne pouvait se départir de son si beau sourire. Marcello, de son côté, semblait bien sombre. Mais à la vue d’Anna, qu’il n’attendait presque plus vu l’évènement de la veille, il retrouva un semblant d’espoir.
    – Chère Anna, j’espère que vous avez bien dormi ?
    – Non Marcello. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Pourtant, cette belle nuit étoilée était si silencieuse, comme si toute la nature attendait que l’aube se lève pour se mettre à renaître !
    – Silencieuse votre nuit ? N’avez-vous pas entendu quelque musicien chanter une sérénade à sa bien-aimée ?
    – Ah non ! Pourtant, j’aurais adoré ! Ce doit être si romantique !

    Tout à coup, Marcello redevint sombre.
    – Pourquoi me mentez-vous Anna ? Et pourquoi êtes-vous là si vous ne voulez pas vraiment me voir ?
    – Mais … Je ne comprends pas … J’ai rêvé de ce moment toute la nuit !
    – Alors pourquoi ne pas avoir répondu à ma chanson quand je l’ai chantée hier sous votre fenêtre ?
    – Sous ma … vous êtes venu … mais c’est donc que …
    – Oui, que je ne pouvais pas attendre que l’aube se lève pour vous crier ma passion, tel ce bon prince Calaf chantant « Nessun dorma », le cœur brûlant d’amour !
    – Vous avez chanté « Nessun dorma » pour moi ? (Les yeux d’Anna se noyèrent de larmes). Mais ce n’est pas possible, je n’ai pas fermé l’œil de la nuit tant je pensais à vous !
    – Hier, à minuit, j’étais sous votre hôtel, 10 place San Marino !
    – Mais Marcello, mon hôtel se trouve 10 place San Antonio !!
    – San Antonio ? Mais… Vous voulez donc dire que j…

    Les lèvres de Marcello n’eurent pas le temps de finir la phrase. Anna, s’en était déjà emparée, avec passion ! Il était hors de question pour elle de laisser passer encore une seule de ces cruelles minutes qui la séparait de l’homme de sa vie !

    « Al alba vincero !  » écrivit Puccini. Il ne croyait certainement pas si bien dire !

  13. Nam says:

    Cool Christelle.^^ Votre histoire m’évoque un amour d’une époque. Je le ressens un peu comme un preux chevalier d’un temps ancien.

  14. Sabrina PO says:

    Super votre suite Christelle, Bravo !!
    C’est bien structuré avec en prime du dialogue… sur un air de Venise à l’époque de Sophia Loren à sa fenêtre se faisant courtiser par Marcello Mastroianni… je dois dire que ca à fait remonter des souvenirs , lorsque j étais autorisé des fois à regarder le cinéma de minuit avec ma mère qui m’a faite découvrir la filmographie Italienne, entre autre, de l’époque.
    Merci Christelle.

  15. Laurence says:

    De belles suites à l’histoire que j’ai lues ce soir!
    Comme Domino je choisirais que l’heroine se jette à corps perdu dans cette aventure, mais Sabine étant maitresse du suspense je m’attends à un final inattendu…

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