Lettre à Christelle…

Il était une fois un garçon, nuancier des émotions à l’optimisme forcé avec  sa souffrance et ses tâtonnements maladroits, il a l’air buté de celui qui va en découdre avec le monde.

A sa naissance, les bonnes fées l’ont oublié et ont fermé la fabrique des rêves.

Le cœur gelé par trop de maltraitance petit homme au destin brisé il vit comme il peut, des petits riens du quotidien.

Toujours un peu crasseux,Il ne sait ni nager, ni conduire.

Il était une fois une fille, boulimique des plaisirs elle avance sans peur sur la corde raide des émotions, elle est l’héroïne de sa vie et pas comme lui, sa victime.

Il voit en elle l’amour sensuel de la vie et la joie insouciante d’une jeune fille qui n’a jamais cessé d’être une enfant.

Il lui dit que rester normal c’est risquer de devenir rien, Il lui offre une descente en apnée…

Elle voit en lui l’esprit rebelle et frondeur avec ses rêves de liberté,

Lorsque l’amour la prend au sortir de l’adolescence, la claque est brutale, face à lui, maladroite, dans un bégaiement, elle trahit ses craintes et ses hésitations.

Confiante elle se révèle dans toute sa vérité nue.

Il était une fois l’éclosion de deux jeunes corps d’été, un duo improbable symbole du mal absolu face à l’innocence,

c’était l’été, la saison des apparences où les destins s’unissent, la saison de l’explosion des saveurs et de mille sentiments.

Il était une fois l’automne et ses lumières mouillées, les jours et les nuits ont perdu leur vernis estival.

Il était une fois l’automne et ses odeurs cuivrées,

il était une fois un homme habitué à jouer avec les silences et les ombres fuyant l’amour pour protéger sa belle de ses peurs, de son découragement, de sa colère.

Sur la pointe des pieds, se retire , avec la certitude que la vie se danse ailleurs.

Il était une fois une fille, son histoire n’a pas pris pour une fois la forme de ses ambitions, le monde qui accouche de son rêve ressemble alors à une douloureuse farce hideuse.

 

 

24 Commentaires
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24 Commentaires

  1. christelle77 says:

    Youhou !!!! c’est super Sabine d’avoir pu écrire la propre fin de votre histoire de jeudi !! Et en plus on a votre voix en cadeau !!!
    Vous avez vraiment ce don pour trouver des métaphores qui expriment les sentiments ou qui « décrivent » ce que vivent vos personnages. Vous ne rentrez jamais dans le purement concret des choses (ou la description « clinique » des événements) … Et pourtant on comprend quand même tout ce qui se passe dans leur vie !

    C’est un bel (mais pas toujours facile !) exercice du coup pour nous le jeudi car il faut bien lire chaque mot pour prendre le poul des personnages et se fabriquer la suite. Mais l’avantage de finalement ne pas nous donner de détails purement concrets, c’est que comme vos sujets sont du coup intemporels, on peut les faire vivre, nous, dans n’importe quelle période ou dans n’importe quel décor (et moi, par exemple, j’ai absolument besoin de me fabriquer ces détails là pour écrire la suite et pour prendre l’ambiance de cette époque).

    Enfin bref, je vais arrêter de faire ma prof qui analyse tout pour vous dire simplement que j’aime beaucoup votre histoire !!! Merci Sabine !!!!! 🙌👏

  2. Laurence says:

    Quelle histoire, un homme qui protège sa belle de lui-même, on peut espérer qu’il aura un peu de lueur dans la noirceur de son monde.
    Je rejoins Christelle, Sabine tu es une conteuse née qui cisèle les phrases, qui joue avec les mots, toujours justes! Pour notre plus grand plaisir.

  3. chantal11 says:

    Que du plaisir! C’est beau et vrai « Il lui dit que rester normal c’est risquer de devenir rien »
    Une grande amoureuse des mots bien choisis, au plus près de nos états d’âmes, nos pensées, nos émotions ,choisir des mots dans leur sens caché, à la lecture de vos textes notre regard s’illumine et quand en plus la voix prend le relais, quel réga!l
    Merci pour vos écrits qui permettent de transmettre ,partager, éclairer le présent en décrivant le passé

  4. Anne says:

    Je rejoins tous les commentaires ! Des histoires ficelées à la perfection. Rien n’est en trop, rien ne manque, ces histoires sont posées à plat sur le papier et restent suspendues dans le temps, elles sont si vivantes, il est très facile de s’engouffrer dans le décor et dans le récit mais cela tient bien évidemment à votre façon d’écrire Sabine. 😉

  5. Amelie says:

    Pas mal Sabine
    Je n’arrive plus à vous suivre Sabine , tellement qu’il y a du dynamisme dans vos écrits , dans votre blog ( rire )
    C’est un régal de vous lire à tous et de vous écouter Sabine .

  6. Ducasse sylvie says:

    Quelle joie Sabine, de pouvoir savourer la justesse et la résonance des mots que vous avez choisis pour façonner ce conte en noir et blanc, et tout particulièrement pour moi qui y entend ma triste histoire! La portée universelle n’en reste pas moins vraie. Première lecture dans le mille, Je vais y prendre goût!!

    Sylvie

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